Pour des élections véritablement libres Lubumbashi, le grand test pour l'UDPS

Publié le par jpkasusula

Quand un système politique est sur son déclin, peu importe la durée de son existence, et à déjà du plomb dans l'aile, il devient de plus en plus agité, haineux et agressif. Il multiplie des erreurs et des maladresses avec l'énergie du désespoir; croyant reprendre le contrôle de la situation sans se rendre compte qu'il précipite inconsciemment sa chute. Tous les régimes despotiques procèdent de la même façon, s'anéantissent et tombent vite dans l'oubli, avec leurs symboles folkloriques de gloire éphémère. Le système politique en RDC issu du processus électoral de 2006 semble de toute évidence arrivé à ce stade d'autodestruction. Mais il y a dans ce pays un parti politique devenu le porte-malheur légendaire de tous les régimes autocratiques arrogants qui se frottent à son leader et à ses adeptes déclarés. C'est l'UDPS d'Etienne Tshisekedi. Le MPR et l'AFDL-CPP qui s'étaient plu à les persécuter et à les ignorer, n'avaient pas fini leur règne respectif en beauté. Mais ce parti est toujours debout, plus fort autant qu'antérieurement, comme si les tribulations lui infligées par ces régimes étaient stimulantes de sa constance et de son endurance, n'ayant rien perdu de sa combativité dans la non-violence pour la restauration de la démocratie et de l'Etat de droit.

Par. ses faits et gestes visiblement surréalistes, le pouvoir donne l'impression de considérer l'UDPS comme le seul parti de l'opposition redoutable contre lequel Il est déterminé à se battre en duel, mais en usant de moyens perfides et déloyaux contraires aux règles du jeu. Abusant de l'exercice du pouvoir, on s'approprie les rouages de l'Etat comme des instruments pour intimider les autres, bâillonner l'opposition et restreindre sa liberté de manoeuvre. On profite de l'inféodation des autorités administratives au parti politique du pouvoir, et auxquelles on dicte des actes et des mesures arbitraires d'oppression contre les opposants. C'est par ce procédé fourbe et malhonnête qu'on avait fait flèche de tout bois pour contrarier l'organisation du meeting au Stade Tata Raphaël le 24 avril dernier à Kinshasa. Mais mal en avait pris au pouvoir qui finalement s'étaient vu contraint de déclarer forfait la mort dans l'âme. C'est comme si la malédiction pesait sur le pouvoir, jusqu'à le priver de discernement et de sens de la mesure dans les circonstances présentes où il doit comprendre que prochainement il aura à rendre des comptes au peuple pour la réélection éventuelle de son candidat. Lundi 04 juillet dernier, la police nationale se comportant en garde prétorienne munie d'armes de guerre et de grenades lacrymogènes, a rudoyé les manifestants pacifiques de l'UDPS qui allaient remettre à la CENI leur mémorandum relevant de nombreuses manoeuvres de fraude et de tricherie dans les opérations d'enrôlement des électeurs dans plusieurs endroits du pays. Il y a eu un mort et quelques blessés graves. Que dans leurs réactions médiatisées le porte-parole du gouvernement et le gouverneur de la ville de Kinshasa se soient empressés de s'en prendre méchamment aux manifestants paisibles de l'Udps qui n'avaient en rien troublé l'ordre public, sans aucune mention avec remords des bavures commises par la police cela montre bien que le pouvoir agité, haineux et agressif, est sans doute responsable de cet événement malheureux.

Comme on se complait dans le ridicule sans pouvoir s'en relever, on a prétendu qu'il n'y avait pas un seul mort. Mais on à été dramatiquement contredit et confondu par la cérémonie émouvante et poignante de l'inhumation, vendredi 08 juillet au cimetière de Kintambo, de ce mort militant de l'Udps,

Mwando Nsimba avec caravane motorisée !

Par ses instruments administratifs et policiers inféodés, l'Establishment n'est pas encore au bout de ses manoeuvre d'obstruction et de harcèlement de l'opposition, plus particulièrement l'Udps.

On projette une action diabolique en prévision du passage éventuel à Lubumbashi du leader de ce parti Etienne Tshisekedi. On joue avec le feu, se croyant “ magicien “ pour ne passe brûler les doigts. Le maire de Lubumbashi, Jean Oscar Sanguza Mutunda, a diffusé le 02 juillet 2011 un communiqué officiel interdisant formellement “toute manifestation publique (caravane motorisée, accueil avec caravane, meetings, marches et processions) jusqu'à nouvel ordre.

“Il demande aux Bourgmestres et au Commandant de la Police Nationale de faire respecter les termes de ce communiqué officiel”. Le maire de Lubumbashi s'est vite démasqué et trahi en s'enferrant dans son propre piège le lendemain 03 juillet.

Ce jour-là Charles Mwando Nsimba de la mouvance présidentielle s'amène à Lubumbashi en provenance de Kinshasa. Il est accueilli par les militants de son parti avec caravane motorisée, marches et  processions dans un bruit infernal à travers les grandes artères de la ville. Où étaient les bourgmestres et le commandant de la police pour faire respecter le communiqué du maire? Le maire lui-même où était-il?

Quoi qu'il en soit, pour les observateurs avertis, ce qui se trame sournoisement à Lubumbashi est déjà pressenti comme le match de barrage qui serait joué entre l'Udps et le pouvoir en cas de passage de Tshisekedi dans cette ville. Tel qu'on connaît le leader de l'Udps constant et obstiné, on le voit difficilement renoncer à atterrir à Lubumbashi. Et s'il y arrivait, il serait difficile à ses adeptes nombreux mêlés de sympathisants, d'accepter de l'accueillir discrètement.

Le pouvoir qui avait déclaré forfait le 24 avril à Kinshasa, serait-il maintenant moralement fort pour disputer ce match de barrage sans jeter encore l'éponge in extremis? L'accueil de Charles Mwando Nsimba avec caravane motorisée disqualifie le pouvoir pour ce match lequel, par voie de conséquence, n'aurait plus aucune raison de se dérouler à Lubumbashi.

On va adopter un profil bas et se déguiser en courant d'air corne le 24 avril à Kinshasa.

Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse. En se donnant en spectacle par ses penchants de la v6lonté de puissance, le pouvoir ne prépare- t-il pas sciemment ou inconsciemment la voie à l'apparition du phénomène tunisien et égyptien en Rdc? Il y a de quoi s'inquiéter et s'interroger

Que d'insomnies et des sommeils agites !

Trompé par des marabouts et des imposteurs, on s'imagine à tort que la RDC est à l'abri du déchaînement de la rue. Et pourtant le Congo-Zaïre-Rdc est historiquement un pays de surprises désagréables. Les Belges ont été pris de court et décontenancés le 04 janvier 1959. S'estimant redoutable et ayant droit de vie et de mort tout le monde, Mobutu n'avait pu résister au décret du destin le 17 mai 1997. L'architecte de l'ordre institutionnel actuel en Rdc, Louis Michel trouve aujourd'hui comme un monstre de perversion des valeurs de la civilisation ce qu'il avait présenté et vanté partout en Occident comme l'espoir du Con- go et de l'Afrique. Ce ne sont là que quelques cas de surprises désagréables dont ce pays détient le secret.

J'ai intitulé ma précédente analyse “ Tshisekedi donne des sueurs froides au pouvoir oubliée dans l'édition de la Tempête des Tropiques du lundi 11 juillet dernier. Cet homme est un homme phénomène qui donne des insomnies, des sommeils agités et des cauchemars. A cause de son retour sur la scène après 3 ans d'éclipse pour des raisons de santé, les hautes sphères officielles sont littéralement désemparées. On cherche à s'évader de l'obsession de ce tourment par l'inauguration des chrysanthèmes.

Le pouvoir commet tellement de maladresses criantes que cela montre qu'il ne croit même pas à la réélection de son candidat à la présidentielle. On ne voit pas comment des gens qui se disent sûrs d'eux- mêmes pouvaient être aussi surexcités, nerveux, provocateurs, agressifs une façon de déguiser leur angoisse et leur inquiétude en brouillant expressément les cartes ou mépris des règles du jeu démocratiques. Tout est à craindre pour le passage de Tshisekedi à Lubumbashi. On verra ce qui pourra se passer là-bas. En attendant, attachez vos ceintures !

                                                                                     Jean N'SAKA WA N'SAKA

Publié dans Politique

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