Coup d’Etat manqué en Guinée

Publié le par jpkasusula



L’Afrique n’a pas encore fini de surprendre. La dernière surprise est celle de mardi avec cette tentative de coup d’Etat en Guinée - Conakry. Comme quoi, l’Afrique des « Colonels » n’a pas encore tourné définitivement sa page. Et pourtant…Conakry s’est réveillée brutalement mardi. Et pour cause ? La résidence du président guinéen Alpha Condé a été prise pour cible tôt mardi matin par un commando lourdement armé, mais le chef de l'Etat se trouve en sécurité et les assaillants ont été repoussés, a-t-on appris de source proche de la présidence guinéenne, selon l’agence Reuters. "Le président était là (ndlr, lors de l'assaut), mais il est sain et sauf", a dit cette source.

La garde présidentielle a réussi à repousser les assaillants. Les combats ont fait au moins un mort. La résidence, aux abords de la capitale Conakry, a été sérieusement endommagée par les combats. "La cuisine est pleine de sang et une partie de l'édifice a été criblée de balles", a confié un témoin qui a refusé d'être nommé, ajoutant que la porte principale avait volé en éclats après avoir été attaqué aux lance-roquettes.

D'après des témoins, l'assaut a été lancé en pleine nuit, vers 01h30’ et a duré une heure environ. L'attaque a été repoussée par la garde personnelle de Condé. On ignore tout à cette heure de l'identité des assaillants. Une personne a été tuée, un garde présidentiel, et deux blessés.

ACCUSATION CONTRE SÉKOUBA KONATÉ

Alpha Condé, opposant historique, a remporté l'élection présidentielle de novembre 2010, considérée comme le premier scrutin démocratique de l'histoire de l'ancienne colonie française. Un scrutin salué par la communauté internationale quand on sait que dans la même région de l’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire qui venait également d’organiser l’élection présidentielle sombrait dans la guerre civile.

Le pays était jusqu'à lors dirigé par une junte militaire depuis la mort de Lansana Conté, en 2008. Selon des observateurs, l'armée serait plus disciplinée qu'avant l'arrivée de Condé au pouvoir. Il a mis en place un nouvel état-major et s'est attribué le ministère de la Défense pour tenter de mener des réformes en matière de sécurité.

L'ancien chef de file de la junte militaire Moussa Dadis Camara, dont les forces de sécurité avaient tué plus de 150 manifestants en septembre 2009 lors d'un meeting de l'opposition dans un stade de Conakry, est en exil au Burkina Faso depuis janvier 2010. Il avait survécu à une tentative d'assassinat mais avait été blessé à la tête.

Un proche de Camara, le colonel Moussa Keita, a été arrêté le 1er juillet après avoir accusé Sékouba Konaté, un militaire qui a organisé la transition vers un régime civil, d'avoir détourné plus de quinze millions d'euros de l'Etat. Si cette version se confirmait, il y a lieu de souligner que l’Afrique des « Colonels» a encore la peau dure. Et pourtant, nombreux sont ceux qui continuent à affirmer que l’Afrique s’est engagée résolument sur le chemin de la démocratie et que la prise de pouvoir par la force serait désormais d’un autre âge. Malheureusement, tous les démons n’ont pas été exorcisés.

Les minerais

D’autres, par contre, affirment que cette tentative de coup de force serait l’œuvre des « faiseurs de guerre » pour contrôler les richesses guinéennes. Frustrés par la politique de revisitation des contrats miniers décidée par le président Condé, ils ont levé l’option de lui mener la vie dure. La première déclaration du président guinéen après l’attaque est significative : « Nos ennemis peuvent tout tenter, mais ils n’ arrêteront pas la marche du peuple guinéen »

Il est important de souligner que la Guinée est le premier exportateur mondial de bauxite, le minerai d'aluminium, et possède de riches gisements de minerais de fer. De quoi susciter des convoitises en cette période caractérisée par la conquête des espaces économiques en Afrique. Affaire à suivre.

Reuters/MID

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