Violences sexuelles : une plainte adressée à la CPI contre les génocidaires auteurs des viols

Publié le par jpkasusula

À l’initiative du mouvement féministe « Ni putes, ni soumises », une marche relais de quatorze jours est organisée, entre Paris et Bruxelles, en guise de solidarité aux victimes de viol du Nord et Sud Kivu.

L’ambiance festive de la commémoration du 51ème anniversaire de l’indépendance organisée au pays n’a pas fait ombrage aux sentiments patriotiques des Congolaises de l’étranger intéressées à l’avenir immédiat de leur pays. En effet, la diaspora congolaise de France et de Belgique a initié, le jour de la célébration de la fête de l’indépendance, une marche-relais de 309 km, de Paris à Bruxelles. Cette procession des associations féministes congolaises basées en Europe en collaboration avec le Mouvement « Ni putes, ni soumises » est considérée comme une manifestation de solidarité à l’endroit des femmes violées du Nord et Sud Kivu, et d’ailleurs. Elles étaient nombreuses à Paris, le 30 juin, rapporte l’AFP. Les banderoles et autres calicots déployés sur le parvis de la place Trocadéro traduisaient la portée exacte de cette « marche de colère » axée sur les droits de l’homme et censée se dérouler pendant quatorze jours entre les villes françaises et belges avec, en tête du peloton, un échantillon de Congolaises et de leaders d'opinion français et internationaux, et des jeunes des quartiers populaires.

Les manifestantes entendent rendre ainsi justice aux victimes en donnant un caractère juridique à leur démarche devant aboutir au dépôt d’une plainte symbolique à la Cour pénale internationale. L’objectif est de solliciter son engagement à instruire un procès contre les génocidaires congolais, auteurs des viols. Dans leur requête, elles plaident en faveur de la création d'un tribunal pénal international sur le modèle de ceux institués pour le Rwanda ou l'ex-Yougoslavie. Au-delà de son aspect contestataire, la marche des femmes tend à positiver l’image de la RDC otage, depuis quelques années, des clichés négatifs et peu flatteurs du fait de la récurrence des violences sexuelles.

Considérée comme la capitale mondiale du viol, selon les récentes statistiques de Human rights watch (1152 femmes violées chaque jour, 48 femmes par heure), la RDC a intérêt à alerter la communauté internationale pour qu’une assistance à la hauteur des préjudices subis soit apportée à toutes les femmes résignées et condamnées au silence. Tel est l’actuel crédo de nombreuses Congolaises de la diaspora.

Alain Diasso

Publié dans Politique

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