RLTV : rétablissement du signal sur fond de polémique

Publié le par jpkasusula



Interrompu le 9 juillet, le signal de Radio Lisanga Télévision a été rétabli le 15 juillet, après un recours introduit auprès du ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende. Ce dernier a expliqué, après avoir reçu la direction de la chaîne à son cabinet, que l’interruption avait été décidée à la suite des appels récurrents à la violence dans le chef de la chaîne incriminée, grief que ses responsables auraient reconnu.

Mende qui s’est référé à la Radio mille collines sans la citer, affirme avoir convenu avoir les responsables de RLTV qu’il y a pour les médias une ligne, rouge à ne pas franchir, en l’espèce - «l’apologie des actes criminels et violents dont on connaît les résultats désastreux dans un pays voisin en 1994».
L’interdiction d’émettre de la chaîne privée de télévision Radio Lisanga Télévision -RLTV- avait suscité l’ire de l’ONG Journaliste en danger -JED- qui avait adressé le 13 juillet 2011- une lettre ouverte au ministre de la communication et des médias, Lambert Mende. «Un acte manifestement arbitraire à. tous points de vue», avait-elle estimé. Ce que Mende dément en affirmant dans un accusé de réception daté du 15juillet 2011 que l’ONG partenaire de Reporters Sans Frontières -RSF- n’avait pas reçu toute l’information relative à cette affaire, mettant notamment en cause la chronologie des événements rapportée.

Polémique
Selon JED, le signal de RLTV aurait été interrompu samedi 9 juillet 2011 peu avant midi, l’arrêté signé par Lambert Mende diffusé dans la soirée sur la radiotélévision nationale –RTNC- n’ayant fait que régulariser une bavure. Faux, affirme Mende en répondant que son arrêté avait bel et bien précédé l’interruption du signal de RLTV. Pour JED, les accusations relatives à l’apologie de la violence et de perturbation de l’ordre public ne reposaient sur aucun fondement, mais s’inscrivaient plutôt sur une longue liste d’actes d’intolérance politique enregistrés à Kinshasa et dans certaines provinces, au risque de compromettre gravement la tenue des élections présidentielle et législatives de novembre 2011. Le 19 juin 2011, a rappelé JED, Baby Balukuna, journaliste présentateur sur RLTV d’une émission de soutien à la candidature présidentielle du leader de l’UDPS Etienne Tshisekedi, avait été agressé à coups de machettes et de bâtons au sortir du studio par un groupe d’inconnus, sans qu’aucune enquête n’ait été instrumentée. Jouant â l’apaisement, Lambert Mende a clos un débat qui était allé très loin, jusqu’à remettre en cause l’absence de la RD-Congo de la liste des Etats prédateurs de la liberté de la presse, en déclarant qu’il n’y avait plus matière à polémique. De nombreux observateurs estiment que le retard observé dans la mise en place du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication -CSAC- fait que le ministère de la Communication et des Médias jouit encore du pouvoir de régulation des médias tant publics que privés.

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