PERSPECTIVE DU REPORT DES ELECTIONS : Un gouvernement intérimaire des secrétaires généraux ?

Publié le par jpkasusula

La rumeur précède souvent la nouvelle. Tout comme il n'y a jamais de fumée sans feu. Comme il en circule par milliers dans la grande mégapole kinoise, une rumeur folle difficile à recouper rapporte des sources concordantes que si le remaniement du gouvernement Muzito a lieu comme cela semble de plus en plus probable nécessité surtout par le besoin de combler les vacances laissées par le départ de l'équipe gouvernementale- d'un certain nombre de ministres, c'est tout l'exécutif national qui prendrait la porte de sortie. A la régulière pour ainsi dire.

Ce serait donc lès secrétaires généraux de l'administration publique qui seraient appelés à assurer la gestion des affaires gouvernementales courantes. Exactement comme sous Mobutu à l'époque des Commissaires généraux.

On sait que la même rumeur fait état depuis quelque temps de plus en plus de l'éventualité de la mise sur pied d'un gouverneur d' « union nationale “justifié par le report susurré des élections au départ prévues le 28 novembre 2011 et qui pourraient être renvoyées au 24 décembre de la même année. Un document interne de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dont s'est fait l'écho récemment l'hebdomadaire parisien “Jeune Afrique 'indiquant que cette structure en charge de l'organisation des scrutins électoraux envisage très sérieusement cette éventualité. On attend de voir, même si ni aucune source, tant côté gouvernement que celui de la CENI ne l'a encore évoqué de manière ni formelle, ni informelle.

Mais on sait au moins que certains états-majors des partis politiques sont favorables à la formation de ce gouvernement d'union nationale, au contraire d'autres, à l'exemple de la Majorité présidentielle (MP), où l'on s'en tient jusqu'à présent strictement au calendrier fixé par la CENI. On se rappellera que lors de son étape européenne de sa tournée actuelle en Occident, le président national de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Etienne Tshisekedi, avait clairement laissé entendre que si ce gouvernement devait être formé, il importerait que soient inaugurées des négociations entre l'opposition et le pouvoir en place de manière à en fixer les modalités pratiques. Tshisekedi ne s'est toutefois pas déclaré candidat au poste de Premier ministre de ce gouvernement qui aurait pour objectif précis de conduire les élections sous la houlette de la CENI.

Même si cette dernière n'a pas encore formellement évoqué l'éventualité du report des élections tel que l'a affirmé “Jeune Afrique, le fait d'envisager la prolongation des opérations d'enrôlement dans la capitale comme cela s'est déjà fait dans certaines provinces du pays dont notamment le Katanga, permet de croire qu'une telle possibilité n'est pas à écarter.

Quoiqu'il en Soit, dans es états-majors des formations et plates-formes politiques, l'effervescence est perceptible dans la perspective aussi bien de la formation du gouvernement intérimaire que de celle des élections elles-mêmes à. la date préVue. Dans ce dernier cas, si aucun doute n'est permis, côté MP, sur le choix du candidat désigné à la présidentielle, à savoir Joseph Kabila qui court derrière sa propre succession, il n'en va pas de même dans l'opposition. Ici, nul ne saura dire que la lune de miel ayant suivi le retour triomphal d'Europe de Tshisekedi et son meeting au stade “ Tata Raphaël” et le lancement de l'Union pour la nationale congolaise (UNC) de Vital Kamerhe existe toujours au sein de l'opposition.

Incapables de gérer leurs ambitions, ces deux personnalités sont entrées dans une guerre des ondes - au couteau, pourrait-on dire à travers les médias interposés au sujet de l'impératif de désigner l'oiseau rare consensuel en tant que “candidat unique “ou “candidat commun “ de l'opposition.

Pas un combat pour les autres

Je n'ai pas mené ma lutte contre la dictature pour laisser la place aux autres (sic!), c'est en substance la réponse du sphynx de Limete à ceux d'autres candidats de l'opposition qui lui disputent la qualité de “candidat unique de cette tendance politique. Et pour se faire bien comprendre, « Ya Tshisthi » a même indiqué avec une assurance tranquille, qu'il était le « candidat naturel de l'opposition ».

Réponse du berger à la bergère, toujours par médias : interposés, Vital Kamerhe, quelques fois cités nommément par le lider maximo, a objecté pas plus tard qu'il y a deux jours et pour que nul n'en ignore comme on dit dans les prétoires, qu'il était, lui aussi, candidat à la magistrature suprême. La cacophonie est à son comble, alors qu'au même' moment, les deux personnalités, tout comme leurs lieutenants respectifs, évoquent entre deux déclarations à la limite belliqueuse l'engagement, « bientôt », des pourparlers entre différents partis politiques de la mouvance oppositionnelle en vue de la désignation justement de ce candidat représentatif de toute l'opposition à la présidentielle. D'ailleurs, à ce sujet, Etienne et Vital ont tous les deux annoncé l'ouverture des négociations entre tous les acteurs de l'opposition.

Depuis la lune de miel d'un grand palace de Kinshasa, Tshisekedi et Kamerhe se sont rencontrés une seule fois, ce dernier ayant fait la politesse à son « aîné » comme il l'appelle affectueusement dans son bunker de la 12ème rue, à Limete, sans que cela ait pu lui être rendu.

Reste à savoir qui, entre les deux, trois, quatre ou la multitude des candidats que pourraient aligner l'opposition dans son ensemble, fera et jusqu'à quelle niveau des concessions devant permettre la désignation du « candidat commun » de l'opposition et autour d'un programme commun de gouvernement ».

C'est le moment qu'a choisi le député Clément Kanku, président de la plateforme « Union pour la nation » (UN) qui avait soutenu en son temps, Jean-Pierre Bemba, président du MLC, pour offrir ses « bons offices » entre le vieux brisacard de l'opposition et le jeune loup aux dents longues transfuge de l'es-AMP.

Ce Thabo Mbeki d'un autre genre pourra-t-il gagner son pari ? Qui vivra verra.

C'est donc dire combien le chemin est sinueux et la perspective des empoignades quasi certaine.

                                                                                                                Jkalm 

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