Muamba crée une coalition loin de Tshisekedi et de Kamerhe

Publié le par jpkasusula

François Muamba a été mal compris. A Mbuji-Mayi, il n'a jamais été question de son ralliement à Etienne Tshisekedi quoique les réalités de terrain le contraignent à ne pas faire obstruction avec le patriarche de l'UDPS originaire de Kabeya-Kamwanga comme lui. La preuve, il a annoncé, lors d'une conférence de presse réunie à l'hôtel Sultani, le 10 juillet, la mise en place d'une coalition dénommée ADR -Alliance pour le développement et la République- qui se définit comme une force à part entière de l'opposition. L'ADR n'a fait allégeance ni à Tshisekedi ni à l'autre gros gabarit de l'opposition, Vital Kamerhe. Il est donc clair que Muamba et les siens ne s'offriront pas sans un compromis de partage de pouvoir au préalable. Ce qu'ils ont fait là est une posture de négociation comme une force à part entière. A la sortie de l'ADR, Muamba était entouré d'Alex Kande, Constant Ndom Nda Ombel, Elvis Mutin et de nouveaux venus à la coalition comme Paul Kapita, le Dr Ngandu Kabeya et Jean Willy Kalonji. L'organisation sera portée sur les fonts baptismaux le 20 juillet prochain. C'est à cette occasion que seront connus tous ses sociétaires (Lire ci-dessous le texte intégral de la conférence de presse de François Muamba).

CONFERENCE DE PRESSE FRANCOIS MUAMBA ANNONCE LA CONSTITUTION DE LA PLATEFORME ADR

Mesdames et Messieurs, Chers Compatriotes, Conformément aux dispositions pertinentes de notre Constitution, la République Démocratique du Congo, notre cher et beau pays, a de nouveau rendez-vous avec l'histoire en cette année 2011.

En effet, après les premières élections démocratiques de 2006 qui ont permis l'instauration de la Troisième République, notre peuple est de nouveau appelé aux urnes. Selon le calendrier publié par la Commission Electorale Nationale indépendante, « CENI. », les Congolais vont élire au mois de novembre de cette année, le Président de la République et les Députes nationaux.

Cependant, a trois mois de cette importante échéance, force est de constater que cinq ans après les élections générales de 2006, les immenses espérances suscitées par ces suffrages sont malheureusement en deçà de ce que le peuple attendait Aujourd'hui, l'espoir semble avoir cédé au désespoir, au point que s'est installé dans tout le pays, un climat de doute et d'incertitude, ainsi qu'une espèce de morosité et de malaise profond.

En effet, en se rendant aux urnes en 2006, le peuple congolais espérait que le Gouvernement issu de ces élections démocratiques, fort de sa légitimité, allait se donner la capacité de construire une véritable économie nationale, créer des richesses et des emplois, instaurer la paix et la sécurité sur l'ensemble du territoire, faciliter l'accès aux soins de santé, fournir l'eau potable et l'électricité, bref transformer l'ensemble de l'espace Congo en un endroit où il fait bon vivre Or rien de tel na malheureusement été réalisé au bout de ces 5 dernières années.

Mesdames et Messieurs, Chers Compatriotes,

Le malaise qui s'est installé dans notre pays tient également à l'opacité de l'offre politique, en rapport avec les échéances électorales de cette année. En effet, le calendrier de la CENI prévoit d'organiser le 28 novembre prochain une élection présidentielle à un seul tour, couplée au scrutin législatif pour la désignation des Députes nationaux. Mais, à ce jour, les Congolais ne comprennent toujours pas grand-chose à ce qui va se passer: le fichier électoral n'est pas prêt. Le processus d'enrôlement se déroule encore dans des conditions à ce point confuses, qu'il pose le problème de sa sincérité, au risque même d'alimenter les sources de la contestation des résultats électoraux à venir. Par ailleurs, la CENI est censée, par son calendrier, convoquer le corps électoral à partir du 4 août prochain, alors même que la loi électorale attend encore ses annexes qui ne seraient finalisées par le Parlement qu'au-delà du 15 août 2011, en lieu et place de la date du 27 juillet initialement prévue! Dans ces conditions, les délais arrêtés par la CENI pour la tenue de ces élections seront-ils tenus? Dans la négative, à quoi les Congolais doivent-ils s'attendre ?

Pour calmer les esprits et cheminer vers des élections apaisées que le peuple appelle de tous ses voeux, qui du Chef de l'Etat, du Gouvernement, de la Majorité, de l'Opposition ou de la CENT doit faire quoi? Le souhait est, bien entendu, que chacun de ces acteurs assume pleinement ses responsabilités, en vue de faire aboutir avec succès le processus électoral en cours. Peut-être faudrait-il, que de nouvelles énergies se joignent à ces efforts, pour replacer l'église au milieu du village et apporter des réponses adéquates aux préoccupations de notre peuple.

Mesdames et Messieurs, Chers Compatriotes,

II convient également de signaler l'épais brouillard qui pourrait obscurcir l'horizon post-électoral. En effet, devant une élection présidentielle à un seul tour et un scrutin proportionnel pour les législatives, on peut se demander par qui le pays sera gouverné demain, avec qui, sur base de quelle vision et avec quelle majorité ?

Mesdames et Messieurs, Chers Compatriotes,

II faut malheureusement constater que pendant ce temps, dans l'Opposition, hormis l'expression de fortes ambitions, sommes toutes légitimes, voire de querelles intestines, indignes celles-ci, nous n'arrivons pas à offrir à notre peuple une image cohérente d'une force capable de générer le changement attendu par l'immense majorité des Congolais. Cependant, une telle posture n'est pas une fatalité. Ici et maintenant nous pouvons changer cela. Mesdames et Messieurs, Chers Compatriotes, Considérant, d'une part, qu'aux yeux des Congolais, l'Opposition est investie d'une mission particulière, celle de forger, y compris dans la douleur, les termes de référence d'une alternance politique crédible pouvant au changement qu'attend notre peuple;

Considérant, d'autre part, que mon parcours personnel autant que l'éminence des responsabilités d'Etat qu'il m'a été donné d'exercer par le passé et celles qui sont les miennes ace jour au sein de l'Opposition;

Je me fais l'obligation ce jour -comme j'ai eu à le faire à tous les tournants importants de l'histoire de notre pays depuis 1980 -, de prendre mes responsabilités et, par conséquent, toute disposition utile que la gravité de la situation actuelle requiert, afin de participer une nouvelle fois, au renforcement des capacités de la grande famille de l'Opposition politique à rencontrer les attentes profondes des Congolais.

Le chemin critique pour la réalisation d'un agenda aussi noble, postule avant tout le rassemblement de tous les patriotes, de toutes les forces-vives de la Nation qui refusent un Congo qui mendie à genoux la jouissance de ses propres ressources, mais aussi de tous les Citoyens qui sont déterminés à transcender les clivages politiciens pour privilégier l'intérêt général, et doter la République Démocratique du Congo d'une réelle capacité de gouvernance.

Pour toutes ces raisons, j'ai l'honneur et la joie d'annoncer la naissance dans les tout prochains jours, d'une Plate-forme politiqué dénommée « ALLIANCE POUR LEDEVELOPPEMENT ET LA REPUBLIQUE», ADR en sigle, que j'aurai l'avantage de conduire.

Ce regroupement des Partis politiques, des personnalités, des organisations et associations de la société civile sera ouvert à la participation de tous ceux qui, comme moi-même, refusons la fatalité de la misère qui semble être devenue l'apanage de notre Patrie. A tous ceux qui me font confiance pour contribuer, ensemble, à remettre la maison Congo sur les rails d'un progrès partagé par tous, à tous ceux-là; je souhaite d'ores et déjà la bienvenue et leur indique que la cérémonie qui fera porter I'ADR sur les fonts baptismaux est fixée au mercredi 20 juillet prochain, suivant le programme détaillé qui sera publié en temps utile.

Mesdames et Messieurs, Chers Compatriotes, Désormais lorsqu'on vous demandera : ADR? La réponse sera : «oui, j'adr avec François Muamba».

                                                                                              François MUAMBA

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