Manifestation dispersée par la police: un mort mais une mort naturelle

Publié le par jpkasusula

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Manifestation dispersée par la police: un mort mais une mort naturelle
(Romandie.com 08/07/2011)
 

KINSHASA (RDCongo) - Le porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a reconnu jeudi la mort d'un manifestant lundi à Kinshasa lors de la dispersion par la police d'un rassemblement d'opposants, parlant cependant d'une mort naturelle.

Le gouvernement a fait vérifier par la police nationale linformation selon laquelle un jeune congolais, Serge Diyoka Lukusa, serait mort après inhalation de gaz lacrymogènes. M. Lukusa est décédé de mort naturelle (crise dasthme) selon sa famille, a déclaré Lambert Mende, également ministre de la Communication, lors d'un point de presse.

Cest un mensonge qui nhonore pas ses auteurs. Une telle tentative de récupération est tout simplement odieuse, a-t-il ajouté.

Mardi, l'opposition avait annoncé la mort de deux militants lors de la dispersion lundi par la police d'un rassemblement d'une centaine d'opposants, principalement de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti du chef de file de l'opposition en RDC, Etienne Tshisekedi, avant un démenti de M. Mende, affirmant que la police a gardé son calme.

Il y a eu deux morts mais, personnellement, je n'ai vu qu'un seul corps, le deuxième a été atteint par balle sur les lieux de l'événement et récupéré par la police, avait déclaré lundi à l'AFP Jacquemin Shabani, secrétaire général de l'UDPS.

La police avait tiré en l'air pour disperser une centaine d'opposants rassemblés devant le siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour remettre un mémorandum dénonçant des irrégularités dans la révision des listes électorales en cours avant la présidentielle de novembre.

Les policiers, usant de leurs armes et de grenades lacrymogènes, s'étaient employés à les disperser.

Selon l'UDPS, la police avait procédé à une cinquantaine d'arrestations parmi les manifestants.

Mais selon le porte-parole du gouvernement seuls quelques auteurs d'actes de brigandage ont été interpellés. Six ont été libérés faute de preuves suffisantes, tandis que quatre, dont un qui se promenait totalement nu dans la rue, attendent actuellement de passer en jugement, a ajouté le ministre.

Ces incidents sont intervenus le lendemain d'un démenti de la CENI des allégations d'une ONG locale sur l'inscription sur les listes électorales de mineurs dans la province du Katanga (sud-est), la CENI affirmant qu'elles sont sans fondement.

Candidat déclaré à la présidentielle prévue fin novembre, l'opposant historique Etienne Tshisekedi, 79 ans, avait appelé au boycott des élections en 2006, les estimant entachées d'irrégularités.


(©AFP / 07 juillet 2011)



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Publié dans Politique

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