Les manifestations politiques interdites jusqu'à dimanche

Publié le par jpkasusula

KINSHASA — Le gouverneur de Kinshasa a interdit mercredi toutes les manifestations politiques jusqu'à dimanche dans la capitale de la RD Congo afin de "favoriser un climat social apaisé", après des violences, et alors que l'opposition et le parti au pouvoir prévoyaient de manifester jeudi.

La période s'écoulant jusqu'à dimanche est "exclusivement consacrée aux opérations de dépôt des candidatures" pour l'élection présidentielle et les législatives prévues le 28 novembre, a précisé le gouverneur André Kimbuta dans un communiqué.

Le dépôt officiel des candidatures aux deux scrutins se termine dimanche auprès de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

La "mesure" d'interdiction des manifestations a été prise "pour permettre aux opérations (de dépôt des candidatures) de se dérouler dans la sérénité et en vue de favoriser un climat social apaisé", à l'approche des élections, est-il ajouté.

L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, opposition) et le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir), qui avaient prévu deux marches jeudi, ont déclaré à l'AFP qu'ils respecteraient l'interdiction.

La ville de Kinshasa a connu en début de semaine des violences avec la mort mardi d'un partisan de l'UDPS, lors de la dispersion d'un rassemblement par la police près du siège de ce parti qui avait été saccagé dans la nuit par des inconnus.

Lundi, après le dépôt à la Céni de la candidature à la présidentielle du leader de l'UDPS et opposant historique Etienne Tshisekedi, la permanence du PPRD avait été saccagée également par des inconnus. Une télévision proche de l'UDPS a été incendiée.

Chaque camp avait accusé l'autre d'être responsable des violences.

"Nous acceptons l'interdiction" de manifester, a déclaré Francis Kalombo, président de la ligue des jeunes du PPRD, qui voulaient marcher pour des élections "apaisées". "Mais si l'UDPS ne (la) respecte pas, nous n'allons pas non plus la respecter", a-t-il ajouté.

Le secrétaire de l'UDPS, Me Serge Mayamba, a assuré qu'il n'y aurait "pas manifestation" de son parti pour demander à la Céni la transparence des élections. Il a toutefois dénoncé "une atteinte à l'exercice des libertés publiques".

Début juillet et le 1er septembre, deux manifestations de l'UDPS à Kinshasa avaient dégénéré à chaque fois en affrontements violents avec la police.

Mercredi, l'archevêque de Kinshasa, la délégation de l'Union européenne, la Mission de l'ONU et l'ambassadeur des Etats-Unis en RDC ont appelé au calme les acteurs politiques.

"Nous invitons les uns et les autres, de même que les forces de l'ordre, à garder le sang-froid, à éviter des provocations inutiles et à faire preuve de calme et de retenue", a déclaré à la presse le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya.

La délégation de l'UE et les Etats membres de l'UE représentés en RDC ont aussi appelé chaque acteur politique "à assumer sa part de responsabilité pour des élections libres, transparentes démocratiques et apaisées et à ne pas avoir recours à la violence".

L'ambassadeur des Etats-Unis à Kinshasa, James Entwistle, a aussi appelé les chefs politiques d'appeler à une campagne "apaisée, calme et amicale", et la Mission de l'ONU (Monusco) leur a demandé de "tout mettre en oeuvre pour éviter toute action qui pourrait compromettre le bon déroulement des élections".

Mercredi, deux candidats à la présidentielle ont déposé leur dossier à la Céni: Vital Kamerhe, ex-président de l'Assemblée nationale passé dans l'opposition en 2010, et Joseph-François Nzanga Mobutu, déjà candidat et 4e en 2006, fils de l'ex-dictateur zaïrois Joseph Mobutu, décédé le 7 septembre 1997.

Elu en 2006, le président Joseph Kabila, investi candidat unique de la majorité, devrait briguer un second mandat de cinq ans.

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