Le «raïs», Stavros et Hewa Bora Airways

Publié le par jpkasusula

 
 

Stavros Papaioannou, le PDG de la compagnie aérienne Hewa Bora Airways.

PDG de la tristement célèbre compagnie aérienne Hewa Bora Airways, Stavros Papaioannou a quitté, début août, sur la pointe des pieds, la République très très démocratique du Congo. Il n’était pas seul. Le Greco-Congolais était accompagné de toute sa famille. Destination : Miami, aux Etats-Unis. Simple escapade ou fuite ? Comment a-t-il pu franchir la frontière à l’aéroport de Ndjili où les éléments très zélés de la DGM (Immigration) veuillent aux grains ? Joseph Olenghankoy Mukundji pourrait témoigner qu’il suffit d’un coup de fil de la "Présidence de la République" pour qu’un voyageur se voit priver de son passeport. Adieu voyage. Comment Stavros a-t-il pu quitter le pays alors que les victimes du crash du Boeing 727, le 8 juillet à Kisangani, ne savent à quelle porte frapper pour obtenir l’indemnisation et qu’une information judiciaire est en cours? Le «PDG Stavros» a-t-il bénéficié des «protections» au plus haut niveau de l’Etat congolais pour se dérober de ses responsabilités?

Selon mon ami qui sait tout sur tout et presque tout sur rien sur les potins de Kinshasa-Lez-Immondices, c’est le «raïs» en personne qui a autorisé «Stavros» à décamper. Avec ma candeur habituelle, j’ai demandé à mon ami l’intérêt qu’aurait le natif de la localité fictive d’Hewa Bora II à laisser partir ce "PDG-génocidaire". «Pauvre ignorant, réagit mon ami avec sa modestie légendaire. Ne savais-tu donc pas que l’autorité très immorale, pardon, l’autorité morale de la Majorité présidentielle est le véritable propriétaire de Hewa Bora Airways ?» Il ajoute sur un ton méprisant : «Quand arrêteras-tu de ne lire que les albums de Tintin au Congo et autre Lucky Luke ?»

Mon ami qui sait décidément tout brandit sous mes yeux l’édition datée du 11 au 17août 2011 du très people magazine parisien «Paris Match». A la manchette, un titre provoque un choc en moi : «Exclusif : Crash aérien de Kisangani. Les accusations d’un militaire belge». Je fonce aussitôt à la page 74 pour lire les détails. Stupeur et effroi! L’officier belge non autrement identifié accuse expressis verbis des soldats onusiens de nationalité bengalaise d’avoir «fouillé et pillé» les corps des victimes «sans porter secours aux accidentés». «L’avion accidenté transportait bien davantage que le nombre de passagers autorisé (112), dit le compatriote de Premier ministre Yves Leterme. Il était donc en surcharge pondérable.»

C’est ici que mon ami me rappelle la «compassion» sans précédent manifestée par le «raïs», alias la haute hiérarchie, en dépêchant d’urgence à Kisangani son avion personnel et un avion de HBA. On rappelle que lors du crash du DC 9 de la même compagnie à Goma, le successeur de Mzee avait poursuivi tranquillement son voyage vers les States. Il y avait dépêché son frangin, un certain Zoé "Kabila". Mon ami d’attirer mon attention sur deux «révélations» faites par le mystérieux officier de l’ex-puissance coloniale. Ce que je lis me glace le sang : «Cette compagnie aérienne est dirigée par un certain Stavros Papaioannou. Mais il est clair qu’elle appartient au président Kabila.» L’officier belge ne s’arrête pas là. Il se fait accusateur. Il «confirme» par ailleurs qu’«un triage a été effectué avant l’embarquement de certains rescapés dans les avions affrétés par les autorités, sans doute en fonction de l’origine davantage qu’en fonction de la gravité des cas». A en croire mon ami qui a décidément la science infuse, dix-sept chefs traditionnels ou coutumiers faisaient partie des victimes. «La veille du crash, explique-t-il, ces chefs coutumiers furent reçus par le raïs à la ferme présidentielle de Kingakati.» Les «dix-sept» avaient reçu chacun une importante somme d’argent en dollars pour aller battre campagne dans leurs fiefs pour le « raïs ».

Mon ami qui est un érudit dit comprendre les raisons qui avaient poussé le
«raïs» à envoyer son avion personnel à Boyoma singa mwambe tout en descendant sur le lieu de l’accident. Himself. Citant le philosophe français Paul Sartre, mon ami de lâcher : «Toute relation humaine est basée sur l’intérêt…». Et si les rescapés ayant bénéficié du "triage" n’étaient autres que les dix-sept chef coutumiers reçus la veille à Kingakati?

Issa Djema
© Congoindépendant 2003-2011

Publié dans Politique

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luc 12/10/2011 15:39


c'est vraiment n'importe quoi! si vous n'avez pas d'informations vraies à publier! merci de vous taire!!!