Le prix de la democratie sommes-nous prêts à le payer ?

Publié le par jpkasusula

J’ai noté avec satisfaction l’émergence d’une nouvelle conscience patriotique dans la dispora congolaise. Jadis connus pour leur goût pour l’ambiance et l’indifférence, les congolais de l’étranger, pour une bonne partie, a décidé de participer activement au changement qu’ils souhaitent voir s’opérer au pays. Ainsi de Paris à Londres en passant par Genève, la Haye et j’en passe, les congolais ont d’une seule voix crié fort « Kabila dégage ».

 

Cependant lorsque j’observe ce qui se passe actuellement en Syrie et au Yémen où le peuple est entrain de payer un lourd tribut pour l’avènement de la démocratie, je me demande jusqu’où sommes-nous prêts à aller ? Manifester en Europe est une activité sans risque, personne en effet ne sera tué pour l’avoir fait. Plus de 1.000 personnes ont été tuées en Syrie et presque autant au Yémen. Dans ce dernier pays les manifestations pacifiques, après avoir durées plus de 5 mois, ont tournée en affrontement armée en pleine capitale Sanaa.

 

Ne nous y trompons pas, « Kabila » ne partira pas du pouvoir de gaieté de cœur et ne nous faisons pas non plus d’illusions les élections seront inévitablement truquées. Il semble qu’en Afrique on ne les organise pas pour les perdre. Et pour se maintenir au pourvoir il a déjà démontré qu’il n’hésitera devant rien pour éliminer tout ce qui feront obstruction a son règne. Aimé Kabila, Floribert Chebeya et Armand Tungulu, pour ne citer que quelques-uns, en sont la triste illustration de cette propension à tuer pour préserver le pouvoir.

 

Pour obtenir le changement au Congo les manifestations en Europe ne suffiront pas, il nous faudra des actions sur terrain en vue de prendre le pouvoir et diriger le pays pour l’intérêt de notre peuple et conformément aux normes démocratiques. Pour cela il n’y a pas quatre solutions. Ou bien une nouvelle guerre éclatera – une de trop avec son cortège de malheur et désolation – pour venir à bout du régime corrompu de Kabila ou alors le peuple acceptera de payer de prix de martyr comme les syriens et yéménites pour se débarrasser du dictateur. J’aimerais tant ne pas choisir entre les deux options, mais avons-nous vraiment le choix ?

 

C’est ici le lieu de s’interroger : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour voir la démocratie s’installer au Congo ? La démocratie a un prix, sommes-nous prêts à le payer ?

 

JP Kasusula

Libre penseur

Publié dans Pamplet

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