L’ASADHO condamne l’intolérance politique au Katanga

Publié le par jpkasusula


L’Association Africaine de Défense des Droits de l’homme, ASADHO en sigle, est préoccupée par la montée de l’intolérance politique et de l’utilisation abusive de la jeunesse, sous forme de milices, par certains leaders politiques pour commettre des actes des violences contre leurs adversaires politiques dans la province du Katanga.

En effet, depuis le mois de mai 2011 jusqu’à ce jour, l’ASADHO a constaté que certains leaders politiques au Katanga incitent leurs militaires à la haine tribale, aux actes de violences et aux injures envers ceux qui ne partagent pas leur opinion politique.

Lors de sa tournée dans les territoires du Nord/Katanga (Kamina, Kabongo, Rukama, Luena....), au cours de la période allant du 24 au 29 mai 2011, l’Honorable Antoine KYUNGU wa KUMWANZA, Président national de l’Union des Fédéralistes Nationalistes Congolais (UNAFEC) et Président de l’Assemblée provinciale du Katanga, a demandé à ses militants de se tenir prêts pour un assaut final contre ceux qui ne voteraient pas en faveur du Président Joseph Kabila à l’élection présidentielle prévue au 28 novembre 2011.
Avant cet incident, le 5 mai 2011, le Gouverneur Moïse KATUMBI CHAPWE, président de l’équipe Tout Puissant Mazembe Anglebert, avait, à Kolwezi, menacé, dans des termes injurieux et dénigrants, de retourner dans leurs milieux d’origine, suivant des méthodes différentes de celles utilisées en 1992, certains ressortissants des provinces, non nommées, accusés de vols répétés dans la concession de l’entreprise minière Groupe Bazano.
Ce 15 juin 2011, un groupe de personnes, identifiées comme appartenant aux supporters de l’équipe de Tout Puissant Mazembe, communément appelés « Cent pour cent » ont attaqué te domicile du Bâtonnier Jean Claude MUYAMBO KYASSA, Président National de la Solidarité Congolaise pour la Démocratie et le Développement (SCODE), qui abrite sa chaîne de radio et télévision Radio Télévision Lubumbashi Jua (RTLJ) pour avoir critiqué le bilan du Gouverneur Moise KATUMBI dan une interview accordée à la RTBF. Brandissant des calicots diffusant des messages obscènes, des menaces de mort et scandant des chansons de guerre, ces manifestants ont cassé les vitres des bureaux de la chaîne RTLJ, incendié des véhicules qui s’y trouvaient, et emporté certains effets de valeur. L’incendie des installations de ladite chaîne a été empêché de justesse par l’intervention de la Police Nationale Congolaise. Néanmoins, il est enregistré un bilan de 15 blessés graves dont 7 journalistes et agents administratifs de la chaîne.
L’ASADHO constate que les autorités urbaines de la ville de Lubumbashi n’ont pris aucune mesure pour empêcher ces manifestants qui portaient des bâtons, des pierres et barres de fer, de partis de la grand place «Moise Tchombe », situé au Centre-ville de Lubumbashi jusqu’à atteindre le domicile du Bâtonnier Jean Claude MUYAMBO, situé à plus ou moins 12 kilomètres.
L’ASADHO condamne tous les discours et propos qui incitent des gens à la haine tribale et aux violences, développés actuellement dans la Province du Katanga par certains leaders politiques. Elle condamne aussi l’utilisation des jeunes, sous forme de milices, dans le but d’intimider et de porter atteinte à l’intégrité physique des adversaires politiques de membres de leurs familles et de leurs biens. Vu ce qui précède, l’ASADHO recommande :
- de faire respecter la liberté d’expression et d’opinion, et la liberté de la presse garanties à tous les citoyens tant par la Constitution que par le Pacte internationale relatif aux droits civils et politiques ;
- D’assurer la sécurité de personnes et des biens sans discrimination liée notamment à l’appartenance, politique, tribale, ethnique, provinciale et raciale ;
- D’amorcer une enquête administrative afin d’établir les responsabilités des personnes impliquées dans ces incidents ;
- Dé garantir la neutralité de la Police Nationale dans l’exercice de sa mission.

• Au Procureur Général de la République :
- D’ordonner une enquête judiciaire afin d’établir les responsabilités pénales des personnes impliquées dans les incidents décrits ci-dessus.
                                                                           Fait à Kinshasa, le 15 juin 2011
                                                                                             Asadho

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