Jeannot Mwenze Kongolo fait le bilan amer de "Joseph Kabila"

Publié le par jpkasusula



Le proche de Mzee, Jeannot Mwenze Kongolo veut s'assurer un véritable rôle de gardien du temple du Kabilisme de l'ère AFDL. Il revendique l'héritage du révolutionnaire du 17 mai dont les idées-forces- regrette-t-il - ont «bien été liquidées». Déçu - comme il le dit lui-même, «Jeannot» répond avec rage qu'il est le fidèle des fidèles de LDK, aujourd'hui en rupture déclarée avec Joseph Kabila Avec une rage de vaincre, l'homme pousse, plus loin sa «rupture» en affirmant au Soft International ne pas exclure une possible entente avec Etienne Tshisekedi, l'homme qui a juré la fin du «régime de Kinshasa» et qui s'allie désormais avec ceux qu'il considérait hier comme des Diables.

D'aucuns vous prennent pour un aigri...

Je ne voudrais pas servir un régime qui ne fait pas ce que Mzee a laissé.

On vous a vu en parfait amour avec Vital Kamerhe.

J'y étais non comme membre de son parti mais comme partenaire parce que nous - envisageons de créer une plate-forme.

Envisageable aussi avec l'Udps ?

Je n'ai pas encore parlé avec M. Étienne Tshisekedi. Mais ce n'est pas exclu.

L'intransigeance du Mzee vis-à-vis des puissances l'a conduit à la mort, dit-on. Aujourd'hui, je vous assure que nous sommes amenés et dirigés par l'extérieur. Au stade des Martyrs, lors de son premier discours, Mzee avait pris l'engagement d'organiser les élections dans deux ans. Contre toute attente, la guerre arriva et bouleversa tout. La volonté était donc là.

À l'entrée de l'Afdl dans la Capitale le 17 mai 1997, vous étiez absent...

J'étais à Mbandaka, envoyé par Mzee pour organiser l'élection du gouverneur de province de l'Équateur. Je suis parti de Lubumbashi directement pour Mbandaka à bord d'un avion battant pavillon zimbabwéen. C'est vous dire que j'étais bien dans la rébellion et dans les bonnes grâces du Mzee.

Donc, l'homme de confiance de Mzee?

Oui. Parce qu'il tenait à me voir partout où se négociait l'avenir du pays. J'étais à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du pays.

C'est sur l'Internet qu'on vous aurait recruté par l'Afdl...

C'est faux. À l'époque, j'avais 36 ans lorsque j'évoluais à ACONOZA, une organisation des Congolais des États-Unis où je vivais. Je reconnais cependant qu'on échangeait avec Mzee via Internet. De tous ceux avec qui il était en contact, il a tenu à ne recevoir que Mawampanga et moi.

Quatorze ans plus tard, que reste-t-il de la révolution?

Rien! Tout a été liquidé. Volontairement. Il ne reste que des profiteurs. Mzee nous' avait enseigné beaucoup de choses, toutes oubliées à ce jour. Quand j 'ai été reçu par le président (Ndlr Joseph Kabila Kabange), je lui ai posé cette question : où sont les idées de Mzee? Où sont les hommes de Mzee?

La révolution a bouffé ses propres enfants?

Pourriez-vous m'en citer un. Le dernier Kabiliste, le général Munene, a été accusé de je ne sais quoi. Les autres se sont vite fait de résigner.

Les chantiers sont effectifs.

C'est la grande distraction dans ce pays. Nous ne nous sommes jamais aussi endettés comme aujourd'hui. Notre population agonise.

Mwenze opposant ?

Bien sûr.

                                                                                          Désiré-Israël KAZADI

Commenter cet article