Irrégularités du processus électoral : l'UDPS entend maintenir la pression sur la Céni

Publié le par jpkasusula



Les militants promettent de camper désormais chaque lundi devant le siège de l'institution électorale pour la contraindre à acquiescer à leurs revendications. Parmi les formations politiques qui donnent du fil à retordre au président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ces temps derniers figure, sans conteste, le parti d'Étienne Tshisekedi. Il n'y va plus de main morte pour revendiquer ses droits. Depuis les échauffourées de triste mémoire ayant causé mort d'homme devant le siège de la Céni, la tension est allée crescendo au point de refroidir les relations entre l'institution électorale et l'Union pour la démocratie et le progrès social. La rencontre du 11 juillet entre les responsables de la Céni et une délégation de l'UDPS sous la conduite de son secrétaire général et quelques cadres de la Dynamique Tshisekedi Président (DTP) n'a pu rétablir l'équilibre rompu entre les deux parties. Aucune avancée significative n'a été enregistrée au sortir de cette rencontre initiée, selon l'UDPS, en vue de recueillir les réponses de la Céni en rapport avec les irrégularités du processus d'enrôlement dénoncées dans son dernier mémorandum. Le déplacement de Jacquemin Shabani et sa suite au siège de la Céni n'a hélas pas réussi à atténuer la suspicion relaive à la planification de la tricherie électorale à laquelle se livrerait la Céni, d'après l'UDPS. D'où l'option prise par ce parti à poursuivre les discussions vu leur insatisfaction aux réponses apportées à leurs revendications.

Avant d'amorcer une autre démarche, les cadres de l'UDPS ont convenu cependant d'analyser froidement le document leur transmis, quitte à prendre position après. Au stade actuel, il est établi que les réponses de la Céni n'ont pas convaincu les militants et cadres de l'UDPS décidés à maintenir la pression jusqu'à obtenir gain de cause. Ils ont, par ailleurs, exigé la libération des manifestants arrêtés depuis les incidents du 4 juillet et la reconnaissance par la Céni de son entière responsabilité dans ces événements. De son côté, la Céni s'est déchargée sur la police chargée d'assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. « Nous ne gérons pas la police », avait alors martelé le pasteur Ngoy Mulunda tout en soutenant que le mémorandum de l'UDPS n'apportait aucune preuve à ses allégations. C'est en queue de poisson que les deux parties se sont séparées laissant un arrière-goût d'inachevé à leurs discussions au grand dam des combattants.

À l'instar de la place Tahrir du Caire d'où est partie la contestation ayant abouti à la récente révolution égyptienne, le siège de la Céni semble être devenu le point focal de la « fronde udpésienne » vis-à-vis du processus électoral. Après les rixes des 4 et 8 juillet qui ont vu les pro-Tshisekedi s'affronter avec les éléments de la police, le spectre de la violence continue de planer sur le processus électoral au risque de dégénérer à tout moment.

Pour rappel, l'UDPS accuse la Céni notamment de bloquer l'accessibilité au Centre national de traitement pour les partis politiques et d'enrôler des mineurs, des policiers et des militaires dans plusieurs provinces. L'institution citoyenne délivrerait également des cartes d'enrôlement sans prélèvement d'empreintes digitales et évaluerait au rabais le taux d'enrôlement dans des juridictions défavorables à l'actuel chef de l'État.

Alain Diasso

Publié dans Politique

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