Intolérance politique au Katanga : pourquoi laisse-t-on faire Kyungu wa Kumwanza ?

Publié le par jpkasusula

Décidément, l’intolérance politique a encore de beaux jours dans la province du Katanga. Celui qui occupe les fonctions de président de l’Assemblée provinciale du Katanga a enfourché la trompette de la haine tribale, se mettant au premier plan de l’intolérance tribale surtout qu’il laisse parler une fibre qui pourrait enflammer toute la province.

Cela est d’autant plus vrai que personne, apparemment personne, ne semble l’arrêter dans la voie qu’il s’est de nouveau choisie, celle d’août 1992, avec l’épuration ethnique qui avait semé la mort et la désolation auprès des Kasaïens.

Aujourd’hui, au moment où les états-majors affûtent leurs armes pour les prochaines consultations électorales, Gabriel Kyungu wa Kumwanza poursuit, sans désemparer, sa croisade contre les non-originaires du Katanga.

Se trouvant à Kolwezi, le mercredi 1er juin, il n’a pas arrêté de réitérer ses intimidations. « Les maseba (un terme pour désigner les Kasaïens), a-t-il dit, vous êtes venu chercher à manger, vous êtes venu creuser, nous vous laissons faire, vous êtes aussi des Congolais. Nous allons vous accompagner au vote et vous allez voter notre candidat. Si notre candidat ne passe pas, vous ne serez pas en paix ici à Kolwezi ».

On apprend que le rassemblement de Kolwezi vient à la suite d’autres rencontres où le président national de l’UNAFEC, son parti politique, ne s’en laisse pas conter, décidé à en découdre avec les non-originaires, plus particulièrement les Kasaïens.

Il est malheureux de constater que jusqu’ici aucune enquête n’est ouverte sur cette campagne d’incitation à la haine qui est pourtant contraire à l’ordre public. Comment expliquer que, pour une campagne de xénophobie à ciel ouvert orchestrée par Kyungu wa Kumwanza, les pouvoirs publics ne puissent pas broncher.

Peut-être que la force de Kyungu réside dans son alliance avec les présidents de la République qui se sont succédé : sous Mobutu, il était gouverneur de province, sous Laurent-Désiré Kabila, il était ambassadeur ; aujourd’hui, il est président de l’Assemblée provinciale du Katanga. Alors, l’homme se met au-dessus des lois !

De son côté, l’opposition katangaise a dénoncé les propos haineux de Kyungu. En effet, elle a dénoncé le climat – qu’elle a qualifié de malsain – qui règne dans la province. Dans sa déclaration faite le jeudi 9 juin à Lubumbashi, elle s’en est prise aux propos malveillants tenus par le président de l’Assemblée provinciale du Katanga lors de sa tournée de sensibilisation sur l’opération d’enrôlement.

Des propos de Gabriel Kyungu, l’opposition a retenu, entre autres, ceci : « Ceux qui ne voteraient pas pour Kabila devraient rentrer chez eux ». Mais, le président de l’UNAFEC aurait rejeté ces accusations, déclarant que « ce n’est pas dans son intérêt d’user d’un tel langage ».

Dans sa déclaration, l’opposition politique au Katanga a indiqué que le discours du président de l’Assemblée provinciale « est de nature à provoquer une révolte de la population. Il faut éviter un bain de sang dans la province, a-t-on souligné. « Nous lui reprochons la tenue des discours tels que « Si Kabila échouait, commencez de vous-mêmes à rentrer chez vous. Voilà pourquoi nous estimons que ces discours ne sont pas à même de nous amener à la paix. Nous avons besoin d’élections dans un climat apaisé et pour le bien-être de notre pays ».

La question que l’on se pose dans l’opinion est celle de savoir pourquoi les pouvoirs publics laissent faire M.Gabriel Kyungu.

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