Grogne au palais de justice à Kinshasa Les magistrats contredisent Joseph Kabila

Publié le par jpkasusula

Apres les allégations du Chef de l'Etat a Kingakati, les magistrats sont montés au créneau hier pour contester le traitement salarial leur alloué ; ils disent ne pas toucher les 1600 USD tel qu'annoncés par le Président de la République.
Pour manifester leur colère, les professionnels de la justice ont séché hier les audiences au Parquet de Grande Instance promettant d'animer une conférence aujourd'hui pour éclairer l'opinion et fustiger les mauvaises conditions dans lesquelles ils travaillent.

La question que les observateurs se posent est de savoir pourquoi le premier citoyen congolais pouvait affirmer une contre-vérité en cette période pré-électorale ; si le barème salarial reconnu au magistrat est de 1600 $US, pourquoi alors ce montant n'arrive pas effectivement dans les mains de ce dernier ?

Les magistrats du palais de la Justice à Kinshasa ont spontanément déserté les bureaux, ce jeudi 15 septembre. Ils se disent mécontents de leur enveloppe salariale, qui n'est pas conforme à ce que le chef de l'Etat a communiqué, mercredi, dans son discours bilan à Kingakati, dans la périphérie est de Kinshasa.

Les magistrats confirment n'avoir jamais touché un salaire de 1600 dollars américains depuis 2009, comme déclaré par Joseph Kabila.

Le secrétaire général du Syndicat national des magistrats (Synamag), Kuku Kiesse, à déclaré : “Le magistrat le moins gradé touche, depuis 2009 jusqu'à ce jour, 493 534 francs congolais (536 USD), Ce qui ne représente rien du tout par rapport à a hauteur fixée dans le discours clair et précis de son excellence Monsieur le Président de la République.

Kuku Kiesse croit à l'hypothèse du détournement des salaires des magistrats : « Nous réclamons qu'on commence, illico presto, à nous payer nos salaires ; tel que l'a relevé le Président de la République. C'est-à-dire, 1600 USD pour un substitut du procureur, ce qui est le grade le moins élevé dans la magistrature, avec effet rétroactif. C'est-à-dire qu'on devra nous payer toutes les parts de nos salaires qui sont allées quelque part.

Le Synamag demande, par ailleurs, à Joseph Kabila de pouvoir s'investir là-dessus pour que toute la vérité éclate.

Il s'agit de déterminer “s'il y a eu détournement, afin que les responsabilités soient dégagées et que les conséquences juridiques soient appliquées à l'endroit des personnes qui sont allées à gauche de ce que le gouvernement a préparé pour les magistrats.”

Le Synamag devrait tenir, jeudi soir, une assemblée générale extraordinaire pour prendre des mesures conséquentes sur cette question.

                                                                                                              RO/LRP

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