Enrôlement des mineurs sur les listes électorales La CENI doit s'expliquer !

Publié le par jpkasusula



L'affaire de l'enrôlement des enfants mineurs au Katanga, dans le cadre des opérations de révision du fichier électoral, est en train de prendre une allure de gros scandale. En effet, lancée au départ par Vital Kamerhe, président de l'Union pour la Nation congolaise, elle a été relayée par plusieurs acteurs politiques, surtout sociétaires de l'opposition. Ce n'est donc plus un sujet tabou.


Et, depuis le début de la semaine, des images en circulation sur le net et ayant tout l'air d'être authentiques, sous réserve de contestation de la part de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), semblent accréditer la thèse de la délivrance des cartes d'électeurs aux enfants âgés de moins de 18 ans. Certains visages affichés sur le net font même penser à des gamins et gamines de moins de 14 ans.

Ce qui intrique les observateurs, c'est non seulement la claire identification de faux électeurs et électrices filmés devant les centres d'enrôlement de la CENI, mais aussi l'authenticité apparente des cartes d'électeurs incriminées, avec les numéros d'ordre, emblèmes et couleurs propres à cette institution d'appui à la démocratie, les signatures des chefs de centre, la précision de la circonscription (ville, territoire, secteur), de même que les adresses de résidence de prétendus requérants.

Tout porte à croire, au regard de l'échantillon des cartes d'électeurs diffusées sur Internet, que la révision du fichier électoral donnerait lieu à l'infiltration massive du corps électoral par des mineurs dans la province du Katanga. Ces non ayants-droit, signalés aussi dans la ville de Kindu, pourraient peut-être se retrouver sur les listes électorales dans d'autres provinces et villes du pays.

Ngoy Mulunda et consorts interpellés


Face à ce que d'aucuns pourraient considérer comme des “ preuves d'une tricherie planifiée en prévision des élections présidentielle, législatives, sénatoriales, urbaines, municipales et locales, le président du Bureau de la CENI, Daniel Ngoy Mulunda, ainsi que ses collaborateurs, ont l'obligation de réagir. Il y a une nécessité urgente, de leur part, soit d'ôter le doute des esprits en apportant des preuves indiscutables du caractère non authentique des cartes d'électeurs étalées sur Internet, soit de confirmer les tripotages et de sévir, au besoin, contre les auteurs d'un tel travail de sape contre leur institution.

En tous les cas, si les internautes congolais et étrangers sont gavés d'images et personnages d'enfants ayant résulté d'un montage, il appartient à la Commission Electorale Nationale Indépendante, de mener des investigations approfondies pour démanteler le réseau des diffuseurs d'informations et images fort démobilisatrices pour les candidats aux mandats électifs et l'électorat congolais.

Dans l'hypothèse où le jeu malsain ainsi étalé sur la place publique aurait comme architectes des membres du personnel d'appoint de la CENI, cela appellerait un nettoyage à sec dans ses effectifs et, évidemment, des poursuites judiciaires et des condamnations sévères pour l'exemple.

Le processus électoral de 2011 à 2013 est si important pour le choix des mandataires de la prochaine législature qu'il est suivi de fort près aussi bien par des millions de Congolais que par des milliers d'étrangers. En ces circonstances où la moindre alerte à la fraude fait monter la tension dans les états-majors politiques ainsi que dans les milieux diplomatiques, il n'est pas bon de laisser planer le doute sur les mauvaises nouvelles en rapport avec le travail de la Commission Electorale Nationale Indépendante.

Il est à espérer que Daniel Ngoy Mulunda et ses pairs du Bureau de cette institution partagent les préoccupations du grand nombre relatives à l'obligation de transparence, d'indépendance, et d'inclusivité des scrutins à venir. Le pire des signaux à éviter serait de donner l'impression de vouloir à tout prix jouer avec le feu, en faisant la sourde oreille aux sonnettes d'alarme.

Commenter cet article