EN 2008, LE GOUV' AVAIT DEJA PROMIS DE QUITTER LA SCENE POLITIQUE Katumbi annonce son retrait

Publié le par jpkasusula

La politique est un marigot plein de caïmans. Moïse Katumbi Chapwe, le gouverneur de la province du Katanga, l'a appris à ses dépens. Et c'est désormais le désamour entre lui et la politique. Des amis et ennemis politiques ne lui cachent plus leur haine. Même s'il n'a jamais reçu ouvertement des menaces et avoue qu'il n'y céderait jamais, Katumbi a compris qu'on ne veut pas de lui dans la famille politique. Trop de coups bas. Trop d'intrigues. Que de chantiers initiés par lui ont été interrompus par des dignitaires de Kinshasa, citant abusivement le nom du Chef de l'Etat. Outré, Katumbi va y mettre un terme. Son déjà florissant mandat à la tête du Katanga pourrait être le premier et le dernier. Il va faire comme les romains Cincinnatus. Il va se retirer de la politique en 2011 pour retourner à ses affaires, dans le business actif, promettant cependant de mouiller la chemise en 2011 pour Joseph Kabila seul. S'il ne revient pas sur sa décision, l'homme qui s'est entièrement investi pour le développement de son Katanga natal laissera ses frères sur leur soit.

Moïse Katumbi s'est découragé, il va devoir quitter la scène politique en 2011. Il est sorti du bois. Et en a parlé à AfricaNews en exclusivité. Le journal n'en revenait pas. Il s'est immédiatement proposé de lui poser la question suivant pour plus d'assurance: «Pouvons- nous publier ce scoop?». Réponse de Katumbi: «Je vous l'autorise!» C'est ferme. L'entretien a eu lieu dans un des bureaux de sa somptueuse résidence privée, quartier Golf, commune de Lubumbashi, juste après une partie de tennis. Témoins : Salomon idi Kalonda, conseiller du Gouv' qui ne le quitte pas, et Moïse Moni idi Dela, frère de celui-ci, ancien vice-ministre de l'information. L'entrevue est interrompue par un bip annonçant un SMS Katumbi s'excuse momentanément. Il consulte son portable. Et fait part du message : «Votre imminente nomination comme Premier Ministre». Rien ne filtre sur l'identité du correspondant. Mais Katumbi n'est pas chaud. Donc pas preneur. Un RDCongolais refuser le très convoité poste de Premier Ministre, ça interpelle. Il y a de quoi intriguer. Même si le Gouv n'ose pas prononcer ce mot, le malaise est là. Profond. Et les attaques l'accusant de tribalisme en ont encore rajouté. «La politique est impitoyable. Les hommes politiques, des menteurs. Je ne suis pas tribaliste. Ceux qui doutent peuvent enquêter sur la composition de mon cabinet où il y a deux Kasaïens, un ressortissant du Maniema et un autre de l'Equateur, tous recrutés de par leur compétence. Je ne sais pas s'il existe un cas pareil dans d'autres province», répond Katumbi. Il coupe court à ce problème en arguant qu'il a lui-même fait la ronde du Kasaï pour réunir les deux communautés. Il ajoute que jamais il ne sapera son oeuvre, indiquant qu'au Katanga, Kasaïens et tous les autres RD-Congolais sont chez- eux. Puis d'ajouter, chagriné : «J'ai cru embrasser la carrière politique pour venir en aide aux populations et soutenir le Président de la République dans se efforts de reconstruction du pals mais je trouve qu'il y en a parmi nous qui s'ingénient à torpiller nos actions et donc à faire obstruction aux cinq chantiers de Kabila». Il ajoute encore, enfonçant : «Il y a une crise de dirigeants au Congo. Au lieu de travailler pour tirer la population de la misère, les gens se livrent aux critiques vaines». Trop de coups bas. Trop d'intrigues. Que des chantiers initiés par le Gouv' ont été interrompus par les dignitaires de Kinshasa, citant abusivement le nom du Chef de l'Etat. Outré, découragé, déçu par la politique, Katumbi préfère prendre ses distances. Il va faire comme les romains Cincinnatus. Contrairement au Chef de l'Etat sud-africain Thabo Mbeki, contraint à la démission par son parti, l'ANC, à cause de ses manoeuvres contre son successeur naturel Jacob Zuma, Katumbi, lui, laisse entendre qu'il va volontairement se retirer de la politique en 2011 pour retourner à ses affaires, dans le business actif. Il promet néanmoins une allégeance et un soutien indéfectible à Kabila. «Toutefois, je battrai campagne pour le Chef de l'Etat dont j'ai le soutien total. Je préfère encore lui exprimer toute reconnaissance en mouillant ma chemise pour sa réélection en 2011», rassure-t-il. L'explication est simple : Kabila est de ceux qui lui ont facilité son retour au pays alors qu'il était contraint à l'exil sous l'AFDL.

Si l'aventure politique de Katumbi est en passe d'être close, l'épisode du développement du Katanga, elle, se poursuit. Elle promet même de s'éterniser ...

Achille KADIMA MULAMBA In AfricaNews n°227 du 22 au mardi 23 septembre 2008

Publié dans Politique

Commenter cet article