Elections : La tricherie en marche

Publié le par jpkasusula

Les suspicions font une apparition inquiétante au sein de la classe politique à quelques semaines de la clôture officielle des opérations d’enrôlement des électeurs dans la ville de Kinshasa et les dix provinces de la République démocratique du Congo.

Non seulement le nombre des « déjà-inscrits » dans certaines provinces suscite des interrogations, les projections faites par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ainsi que les contraintes matérielles et financières alimentent la controverse.

A la date du 2 juin 2011, la CENI a enrôlé 22.736.506 électeurs sur 31.000.003 attendus. Le « hic », selon plusieurs députés nationaux et chefs de partis, « on sent comme une tendance à vouloir gonfler dans certaines provinces et à minorer dans d’autres le nombre des électeurs inscrits ».

En effet, entend-on dire dans les débats télévisés et radiodiffusés, « nous ne comprenons pas comment la CENI dit attendre 4.241.326 millions d’électeurs du Katanga ayant une population d’environ 7,8 millions d’âmes alors qu’elle projette à peine 3.573.399 d’électeurs pour la ville de Kinshasa, avec ses 10 millions d’habitants qui devraient fournir au moins 6 millions d’électeurs!».

Au Maniema, dont le taux de réalisation avoué est de 115%, sont enrôlés 874.009 à la même date contre 759.427 attendus et 629.894 lors des élections de 2006. Soit plus de la moitié d’une population estimée à quelque 1,3 million d’habitants.

«Il n’y a pas de raison d’accorder trois mois pour l’opération d’enrôlement aux autres provinces alors que Kinshasa n’en dispose que deux », a fait remarquer l’Opposition politique qui réclame «30 jours de prolongation du délai des opérations d’enrôlement» dans la capitale congolaise. Où, à trois semaines du terme de la révision du fichier électoral le 5 juillet 2011, la CENI serait à près de 2 millions d’enrôlés « à peine » !

Autre sujet d’inquiétude, la répartition des sièges. Le nombre de sièges à pourvoir dans chaque province étant « obtenu par la division du nombre total d’électeurs enrôlés de cette province par le quotient électoral », la loi électorale dispose que « le quotient électoral est obtenu en divisant le nombre d’électeurs enrôlés de la République démocratique du Congo par le nombre total de sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale» fixé à 500.

En outre, le flou entretenu autour des fonds «déjà disponibles» pour financer les opérations électorales en 2011 choque la classe politique. Qui, lors du dîner d’échanges auquel l’a conviée la CENI, n’a entendu aucun chiffre sur les apports financiers à l’organisation de la présidentielle et des législatives (330 millions USD) promis par le gouvernement (180 millions USD) et des partenaires extérieurs, notamment la Belgique (14 millions d’euros) et l’Union européenne (47,5 millions d’euros).

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