Élection présidentielle : difficile compromis entre Étienne Tshisekedi et Vital Kamerhe

Publié le par jpkasusula

Le choix d'un candidat unique censé incarner les aspirations à l'alternance en faveur des forces du changement se fait toujours attendre.
Au fil du temps, l'opposition peine à concilier ses vues autour d'un candidat-président unique capable de matérialiser sa quête de l'alternance. Sa vision de resserrer ses rangs et de planifier son action sur la base d'un programme commun s'avère de plus en plus impérieuse face à son ambition de bousculer les données politiques actuelles, pensent les analystes. Mais, la réalité sur le terrain est plutôt tout autre. La matérialisation de cette volonté bute sur l'égocentrisme prononcé des uns et des autres, peu enclins à se faire des concessions. La situation connaît une certaine exacerbation en raison de l'alignement des partis politiques derrière des personnalités considérées comme susceptibles de répondre à leurs aspirations. La floraison des plates-formes de soutien aux candidatures déjà déclarées creuse davantage le fossé entre les leaders au point d'hypothéquer tout projet de consensus. Si les uns et les autres souscrivent à l'idée de se mettre autour d'une table pour dégager le futur challenger au président Joseph Kabila, les stratégies pour y parvenir tendent à les diviser.

Acquis au principe des concertations, Vital Kamerhe prône l'élaboration d'une stratégie cohérente de l'opposition, mieux, sa restructuration pour présenter un front uni avant d'envisager un éventuel consensus autour d'un candidat unique. Le président de l'Union pour la nation congolaise (UNC) refuse tout conformisme suicidaire et plaide pour un rééquilibrage du jeu politique. L'opposition, soutient-il, n'est pas l'apanage de quelques individus. Il n'est pas partie prenante de la dynamique électorale constituée autour d'Étienne Tshisekedi. L'UNC ferait même fi du processus d'identification des partis politiques de l'opposition amorcé par le député Jean-Claude Vuemba. De son côté, Étienne Tshisekedi croit avoir de bonnes raisons de piloter l'opposition, consensus ou pas. En dépit de son avis favorable à l'idée des concertations pour dégager un candidat-unique, le sphinx de Limete estime être l'homme providentiel et le point de convergence de toute l'opposition. « J'ai lutté trente ans avec mon parti pour prendre le pouvoir au Congo et instaurer un État de droit. Vous comprendrez que je n'accepterai aucun compromis dans ce sens-là », avait-il lâché en son temps sur les ondes d'une radio périphérique.

Étienne Tshisekedi récuse à Vital Kamerhe son statut d'opposant pour avoir flirté avec la Majorité et ce dernier n'hésite pas à lui dérouler son passé mobutien. La guerre des ondes à laquelle se livrent, depuis quelque temps, les deux personnalités, a fissuré l'édifice de l'opposition et réconforté la Majorité au point d'en tirer profit, a regretté le député Clément Nkanku. D'où la mission de bons offices de ce dernier auprès des précités. Absent du débat actuel, Jean-Pierre Bemba continue de croupir à la Haye au moment où son parti, affaibli par des querelles intestines, tend à faire naufrage. Même si sa candidature serait toujours à envisager dans l'hypothèse où sa cause pourrait être entendue avant le 30 septembre, Jean-Pierre Bemba aura suffisamment perdu du terrain pour espérer renverser les données, estiment maints analystes. « Au-delà de l'essaimage des candidatures tendant à dérouter l'opposition, il est temps qu'un débat franc s'engage entre tous les leaders pour identifier le meilleur concurrent face à Joseph Kabila », commente un analyste. Comment y parvenir ? Là est toute la question.

Alain Diasso

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