Devant une foule immense à Lubumbashi Tshisekedi promet un nouveau Congo

Publié le par jpkasusula

Le pays est détruit par le vol, la cupidité, la corruption et l'absence d'amour du prochain.
Etienne Tshisekedi, président national de l'UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) est arrivé Lubumbashi, comme annoncé, lé vendredi 29 juillet 2011 à la mi-journée, en provenance

de Johannesburg, en Afrique du Sud. Un monde fou l'attendait, au sortir de l'aéroport de la Loano. Toute la ville paraissait s'être mobilisée pour lui faire un triomphe.

Son cortège a mis plus  de six heures pour couvrir la distance 'séparant les installations aéroportuaires de l'Hôtel Karavia, à l'autre bout de la ville. Selon plusieurs sources, le chauffeur de sa voiture décapotable, sur laquelle il est resté debout tout long du parcours, agitant ses mains dans tous les sens pour répondre aux ovations de la foule, a dû couper le moteur peu après la sortie de la Loano. Pour le reste, ce sont les combattants qui se sont chargés de pousser eux-mêmes la voiture jusqu'à l'Hôtel. Karavia, obligeant le cortège à progresser au rythme de tortue.

De nombreux cadres et combattants de l'UDPS sont partis de Kinshasa, Kananga, Mbuji-Mayi et d'autres coins du pays pour participer à l'arrivée triomphale de Tshisekedi au chef-lieu de la province du Katanga. Certains n'ont pas pu joindre Lubumbashi à cause des avions qui affichaient « full » pendant toute la semaine passée.

1er janvier 2012 : nouveau Congo !

Alors que son agenda prévoyait à l'origine des visites de courtoisie auprès du gouverneur de province, du président de l'assemblée provinciale et de l'archevêque de Lubumbashi, toutes ces activités ont dû être reportée en raison du temps fou mis par Etienne Tshisekedi entre l'aéroport de la Loano et l'hôtel Karavia. Aussi, pour assouvir la soif et la curiosité des milliers de Lushoises et Lushois désireux de connaître le message qu'il leur a apporté, leur a-t-il donné rendez-vous le samedi 30 juillet à la célèbre Place du 30 juin.

Tout Lubumbashi semble avoir répondu présent au meeting du président national de l'UDPS. Ses propos ont, été ceux d'un virtuel Président de la République Démocratique du Congo, qui s'est s'exprimé comme le porteur d'un changement dont le coup d'envoi devrait être donné dès le 1er janvier 2012. Candidat déclaré à la magistrature, suprême du pays, Etienne Tshisekedi a fait état d'un Congo très malade sur tous les plans, qu'il se propose de sortir du coma avec le concours de l'ensemble des Congolaises et Congolais.

Après les salutations d'usage à ses frères et soeurs du Katanga en swahili d'abord et en lingala ensuite, il leur a fait remarquer que leurs problèmes sociaux, économiques et autres étaient ceux communs à l'ensemble du petit peuple clochardisé en République Démocratique du Congo. Selon l'orateur, le premier pas vers la guérison de là mère patrie devrait commencer par « l'amour du Congo et de ses frères Congolais ». Parlant de la démocratie, il l'a définie comme «la cogestion du Congo par les Congolais ». S'agissant précisément du 1er janvier 2012, Tshisekedi a martelé que cette date devrait marquer le début de la renaissance du pays. « A cette date, a-t-il souligné, chaque Congolais devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour sauver son pays ».

Se livrant au diagnostic de la situation générale du pays, le président national de l'UDPS a relevé que « le Congo est complètement détruit. Chacun de nous doit se demander comment sauver notre pays. Pour sauver le Congo, il faut une seule chose : l'amour du Congo, l'amour de ses frères congolais. C'est pour cela que, quand vous m'aurez élu le 28 novembre prochain, je n'aurai qu'un message pour tous les Congolais : c'est celui de l'amour ».

Parlant du Congo à reconstruire sous son mandât, Etienne Tshisekedi a indiqué que « chacun de nous est responsable du salut du Congo. Il ne faut pas croire, que le sauveur du Congo, c'est le Chef de l'Etat. C'est le ministre ou quelqu'un d'autre. Non, c'est chacun de nous ».

Très optimiste quant à sa victoire à la présidentielle, l'homme a fixé rendez-vous à tous les' Congolais au début de 'l'année prochaine. Il a décliné, à cet effet, une feuille de route à suivre au quotidien, en vue de l'établissement d'un bilan personnel à la fin de l'année : « quand nous allons commencer la construction du nouveau Congo, le 1er janvier 2012, ce jour-là, quand on va se réveiller le matin, chacun devrait se poser cette question : après 51 ans d'indépendance, pourquoi notre pays est-il détruit? » Sans détours, il a apporté la réponse: « le pays est détruit à cause du vol, de la cupidité, d la corruption, du mensonge, des querelles intestines, du manque d'amour du prochain. Il n'y a pas d'amour du Congo, C'est pour cela que, dès le 1er janvier 2012, chacun de nous doit prendre la décision de faire tout ce qui est en son pouvoir pour sauver le Congo de nos ancêtres ».

Revenant à sa feuille de route, il l'a décrite comme suit: « Le 1er janvier 2012, on prend un crayon, on écrit tout ce que l'on compte faire de bien pour le pays. Et, la nuit, on se demande si ce qu'on a fait est conforme à l'option levée le matin. On fera ainsi les 2, 3 et 4 janvier ... et le reste de jours jusqu'au 31 décembre 2012. A la fin de l'année, on va rassembler tous les papiers écrits au quotidien pour dresser un bilan. En une année, on pourra sentir fier de soi. C'est pour cela que j'en appelle à la cogestion du Congo».

Tshisekedi pense qu'une claire vision des actions à mener au quotidien serait la recette appropriée pour mettre un terme à la pauvreté de notre pays. Amer, il a relevé que la République Démocratique du Congo se trouve économiquement à la queue des Etats africains, alors que « Dieu nous adonné un pays merveilleux. Chacun doit prendre la résolution de participer au changement. Tout le monde doit être en mesure de trouver un emploi, de se faire soigner, de bien éduquer ses enfants. .. Il nous faut exhumer la SNCC de sa tombe. Il nous faut ajouter de nouvelles lignes de chemin de fer, de manière à permettre aux trains de faire la liaison entre Lubumbashi et Kinshasa».

8 août : grand meeting au Stade des Martyrs

L'agenda d'Etienne Tshisekedi reste fort chargé. Le dimanche 31 juillet, il est allé déposer une couronne de fleurs sur la tombe de Frédéric Kibassa Maliba, un de ses anciens compagnons de lutte, sous la dictature de Mobutu'. li a ensuite rendu une visite de courtoisie à Tsilemb, un des fondateurs de l'UDPS. Il a terminé par une visite de réconfort aux malades internés à l'Hôpital Sendwe. En dépit de la sensibilité de ce lieu, il a eu droit à un mémorable bain de foule.

On annonce un véritable 'ballet provincial avec un aller- retour Lubumbashi-Kasumbalesa le mardi 2 août ; Lubumbashi- Kipushi le mercredi 3 août;  Lubumbashi- Likasi le jeudi 4 août avec un meeting à la clef. Vendredi 5 et samedi 6 août, Tshisekedi sera l'hôte des Compatriotes de Kolwezi avec en apothéose un meeting. Le retour à Lubumbashi est prévu pour le dimanche 7 août.

Le retour à Kinshasa interviendra le lundi 8 août. Et, le même jour, il tiendra un grand meeting au stade des Martyrs à l'intention de la population de la capitale. L'on s'attend à la reproduction du « plein' » du. 24 avril au stade Tata Raphaël.

                                                                                      JR Bompolonga et Kimp

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