Crash de Kisangani : les précisions de la RVA

Publié le par jpkasusula

Vendredi 08 juillet 2011, le Boeing 727 de la compagnie aérienne Hewa Bora Airways s'est écrasé à l'atterrissage à l'aéroport international de Bangboka, à Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale, avec à son bord 112 passagers.

Mardi 12 juillet 2011, le patron de cette compagnie aérienne, Stavros Papaioannou, a tenu un point de presse au cours duquel il a tiré la couverture de son côté et chargé sans ménagement la Régie des Voies Aériennes (RVA). Au nombre de ses griefs, l'on peut retenir entre autres l'état de l'aéroport de Bangboka qui, selon lui, devrait amener les autorités de cette régie à le fermer. Il y a également le mauvais guidage de l'avion. A l'en croire, les aiguilleurs seraient des stagiaires et auraient indiqué au pilote la piste 31 encombrée en lieu et place de la 13 qui était dégagée …

Réagissant à ce qu'il a considéré comme étant une fuite en avant, l'Adg de la Régie des Voies Aériennes (RVA), Justin Okana, a organisé un point dé presse ce mercredi 13 juillet 2011, au siège de la direction générale de la régie, dans la commune de Barumbu. A. cette occasion, le numéro un de la RVA a rappelé au patron de Hewa Bora Airways les règles élémentaires de leur déontologie. Lorsqu'il y a crash, le ministère des Transports et Voies de Communications met en place une commission d'enquête chargée de déterminer les causes réelles de l'accident (erreur humaine, défaillance technique, sabotage...), ainsi que les responsabilités des uns et des autres.

Il est ainsi hâtif de pointer d'un doigt accusateur tel .ou tel service, de chercher un bouc émissaire, au risque de déboussoler les enquêteurs, de les désorienter. L'Adg reconnaît que le contact avait été établi entre la Tour de contrôle et le commandant dû Boeing 727. Ils ont échangé, et tous les documents ont été versés à la commission d'enquête. En effet, c'est à 12h42 que le commandant de bord est entré en communication avec la Tour de contrôle. A 13h06, le pilote a promis à son interlocuteur de la Tour de contrôle qu'il rappellera dès qu'il verra l'aéroport et que l'appareil était en équilibre. 13h11', l'on apercevra de la fumée du côté de la piste 31. Avec la récupération des boites noires, l'Adg Justin Okana reste. convaincu que l'enquête ira beaucoup plus vite, en vue de fixer l'opinion tant nationale qu' internationale sur les causes réelles de cet énième crash qui endeuille, une fois de plus, la RDCongo et gonfle de plus belle le nombre de veufs, des veuves ou oeufs et orphelins.

Les aiguilleurs de la RVA en colère

Intervenant peu après le point de presse de l'Adg Justin Okana, le président national de l'Association des contrôleurs de la circulation aérienne du Congo, Godard Wamba Makola, a lu la déclaration de son association en rapport avec ce crash de Kisangani.

Pour l'essentiel, il a souligné que Wabulakombe et Alain Bazika, ne sont nullement des stagiaires, mais au contraire des agents effectifs de la RVA. Les aiguilleurs du ciel congolais fustigent avec eux dernière énergie arrestation qu'ils considèrent d'arbitraire de leurs collègues et menacent d'aller en grève (tout en assurant un service minimum) s'ils n'étaient pas relâchés dans un bref délai.

Dans toutes les conditions, soutiennent-ils, la dernière décision revient au commandant de bord, entendez le pilote. Pour le cas du Boeing 727 de Hewa Bora Airways, il s'agit d'un appareil qui aurait été fabriqué en 1965 et aurait été cloué longtemps à l'aéroport international de N'Djili. Les agents de la Tour de contrôle, a souligné le président Godard Wamba, n'avaient pas vu l'avion et n'avaient pas donné au pilote l'autorisation d'atterrir.

Parlant de mauvaises conditions météorologiques, le président Godard Wamba a fait remarquer qu'il existe un minimum professionnel à respecter pour atterrir même sous l'orage. En cas de danger, il est conseillé au commandant de bord de remettre le gaz et de recommencer la procédure d'atterrissage. Cela est connu de tous les pilotes même stagiaires. De même que Hewa Bora se trouve dans la liste noire des compagnies Rdcongolaises interdites de survoler le ciel de l'espace schengen.

Deux autres avions, Foker et, Airbus, de la compagnie aérienne CAA avaient atterri sans problème. Enfin, la piste 31, a fait observer le Vice- président national Michel Otshudi, a été sollicitée par le commandant de bord lui-même. Et, contrairement aux affirmations gratuites du patron de Hewa Bora, les sapeurs pompiers de la RVA étaient les premiers à arriver sur le lieu du drame.

                                                                                                       Michel LUKA

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