CPI: Le Procès Bemba suspendu !

Publié le par jpkasusula

 

 

 (La Prospérité 15/07/2011)  

C’est parti pour une nouvelle suspension du procès Jean-Pierre Bemba Gombo à la Cour Pénale Internationale de La Haye, au Pays-Bas. En effet, selon les usages consacrés en la matière, le corps judiciaire de cette institution, en cette période de l’année, se donne les « vacances judiciaires », depuis le lundi 11 juillet 2011. La conséquence logique, c’est que le procès Bemba ne pourra reprendre que le 22 août prochain. Puisque la procédure se trouve dans la phase de présentation des témoins à charge, la Cour a déjà programmé le témoin n° 26 que l’office du procureur Luis Moreno Ocampo devra présenter pour être auditionné.

Si, au cours des dernières semaines, Louis Moreno a présenté, par devant les juges de la Cour, des témoins et les victimes de scènes de pillage, entre le 1er juillet et le 11 juillet, c’est le témoin n°168, considéré comme l’un des témoins clés dans cette affaire, qui a fait sa déposition à huis clos. Pendant ce temps au pays, le Mouvement de Libération du Congo (MLC) se trouve en déliquescence. Ses principaux ténors ne s’épargnent guère des flèches mouchetées, au point que l’un deux, François Muamba Tshishimbi a recouru aux instances judiciaires du pays pour faire respecter ce qu’il appelle « légalité » au sein de son parti ; estimant que toutes les décisions prises à son encontre sont entachées de vice de forme. Alors qu’il est considéré comme déchu par ses pairs, François Muamba, lui, a choisi le label de la plateforme « Alliance pour la Démocratie et la République, ADR en sigle », dont il est le président, pour faire entendre sa voix aux prochaines échéances électorales et ce, en attendant que ne tombe la décision dans cette affaire pendante devant la justice congolaise.

Au regard des procédures alambiquées de la Cour Pénale Internationale (CPI), le procès qui oppose le Procureur de la CPI/ contre Jean-Pierre Bemba Gombo, Président national du Mouvement de Libération du Congo (MLC), est loin de voir son épilogue. En témoigne la suspension du procès, qui n’est pas la première, enregistrée dans le cours de la procédure qui conduit les témoins à charge, présentés par le Procureur Luis Moreno Ocampo, à faire leurs dépositions. En effet, le lundi 11 juillet dernier, la Cour Pénale Internationale a tout simplement suspendu le procès Bemba.

Et pour cause, tous les personnels judiciaires de cette institution pénale internationale sont partis en vacances judiciaires. Cela rentre dans les usages en la matière au sein de cette juridiction pénale internationale en cette période. La reprise des audiences prévues au 22 août prochain La suspension ainsi intervenue n’est que momentanée au regard de la date prévue pour la reprise des audiences, soit le 22 août prochain. Ce temps d’arrêt, qui correspond à 42 jours, sera mis à profit par les personnels judiciaires pour se requinquer après avoir abattu un travail esquintant avec la compulsion de milliers des pages portant sur l’accusation ou la défense, selon le bout à tenir. C’est aussi le temps nécessaire pour la défense de Bemba de se substanter avec des éléments à décharge qu’elle aura à brandir le moment venu.

Cependant, la Cour a déjà annoncé le témoin à charge que Luis Moreno va présenter à la barre pour la déposition. Il s’agit du 26ème témoin de l’accusation. Mais, entre le 1er juillet et le 11 juillet, date où les personnels judiciaires sont allés en vacances, le témoin 168, considéré par le Procureur comme l’un des témoins clés dans cette affaire, a fait sa déposition à huis clos. Par ailleurs, au cours des dernières semaines, le Procureur a présenté des témoins et les victimes de scènes de pillage. Du côté de la défense de Bemba, l’on se prépare pour la réplique avec les témoins à décharge. Seulement, le procès est tel qu’il se passe ; les parties devant se soumettre à la volonté de la Cour pour tout le temps que cela prendra, en dépit des considérations liées à la politique nationale de la République Démocratique du Congo où la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) boucle la boucle aujourd’hui, 15 juillet 2011, avec le processus de révision du fichier électoral à Kinshasa.

Le MLC en déliquescence A l’approche des échéances électorales de novembre 2011, en République Démocratique du Congo, le Mouvement de Libération du Congo (MLC), parti cher au chairman, J.P. Bemba Gombo, est loin de tisser sa cohésion. Alors qu’il devait logiquement laver l’affront de 2006, ce parti voit ses ténors se tirer des flèches mouchetées. Si par le passé, Yves Kisombe a été cloué au pilori, mais a rebondi autrement, comme Delly Sessanga aussi avec l’Envol, tout dernièrement, c’est le Secrétaire Général du parti, François Muamba Tshishimbi qui a été évincé. A la place, c’est Thomas Luhaka qui prend le flambeau. Considérant qu’il y a eu vice de forme dans la décision ayant conduit à sa déchéance, François Muamba n’a mieux trouvé que de faire valoir le respect des statuts par les instances judiciaires. C’est le feuilleton de la plainte Muamba contre le MLC. Son épilogue pouvant bien tarder, Muamba a décidé de rendre audible sa voix, à l’approche des échéances électorales prochaines, sous le label de la plateforme « Alliance pour la Démocratie et la République, ADR en sigle.

Quel avenir pour le MLC ? La question fait jaser. Dans l’opinion, nombreux sont ceux qui craignent de voir la CENI débouter les partis politiques qui ont des litiges en justice. C’est là que des craintes fusent de partout pour dire que cela ne soit pas le cas pour le Mouvement de Libération du Congo. A ce stade, il est difficile de dire avec exactitude ce qui peut advenir, le temps pour édifier les uns et les autres.

 

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