Concernant les critiques soulevées par son Interview - Tshisekedi répond à la majorité

Publié le par jpkasusula



 «Lokola peuple congolais dans sa majorité eponi Etienne Tshisekedi, aza na confiance na Tshisekedi, nbada lelo ngayi nde nazali Chef de l’Etat ya Congo. Mokonziya mboka, banda lelo ezali peuple congolais, donc ezali Tshisekedi Etienne Wa Mulumba. (Applaudissements et cris de joie à la Rédaction de RLTV) Ngoyi Mulunda, soki alandi makambu biso tozali koloba té, le 6 décembre 2011 akolela namonoko ya mboka …»

(Extrait de l’interview de Tshisekedi à la RLTV.

Ces propos d’Etienne Tshisekedi, président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, tenus le dimanche dernier dans la soirée sur la RLTV - une chaîne proche de l’opposition appartenant à Roger Lumbala; Directeur de campagne de l’opposant historique au Kasaï Oriental-, ont déclenché un véritable tollé dans l’opinion et ont provoqué une avalanche des réactions des autorités congolaises et des cadres de la majorité. Le signal de cette chaîne a été coupé dans les heures qui ont suivi la diffusion de cette interview explosive, par le ministre de la communication et des média, Lambert Mende, au motif que l’ordre public était en danger. A la suite du ministre Mende, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel Congolais (CSAC) a suspendu les émissions de cette chaîne proche de l’opposition pour une durée de 7 jours. Quant à Tshisekedi, le CSAC lui a adressé un avertissement verbal. Cependant, dans quel but et dans quelles circonstances, Etienne Tshisekedi a-t-il tenu, des propos dont la gravité est évidente ? Jacquemain Shabani, secrétaire général de l’UDPS est vite monté, au créneau pour expliquer la déclaration de Tshisekedi. Pour ce haut cadre, la déclaration de Tshisekedi est ce qu’il y a de plus normal dans un contexte où la violence électorale orchestrée par pouvoir en place a pris le pas sur le débat démocratique. « Tshisekedi a réagi en tant qu’un père qui voit chaque jour ses enfants fauchés par le pouvoir », a déclaré Shabani au siège de son parti, le lundi où il donnait une conférence de presse.

Du côté pouvoir on ne l’entend pas de cette oreille, hostiles au leader de l’opposition et proches du président sortant Joseph Kabila, les cadres de cette mouvance n’ont pas manqué de railler Tshisekedi, le chantre de l’instauration de l’Etat de droit, qui s’est laissé découvrir comme un anarchiste. Les ténors de la majorité qui ont envahi les plateaux des télévisions, dans la minute qui suivait les déclarations d’Etienne Tshisekedi depuis l’Afrique du Sud, s’en sont pris à l’opposant historique avec une violence jamais égalée jusqu’ici dans cette campagne électorale pour les élections de novembre prochain. D’ailleurs le CSAC ne s’est pas trompé en adressant à toutes ces chaînes et stations de radio proches du pouvoir un avertissement pour ne pas envenimer une situation politique qui est déjà tendue. En s’autoproclamant président de la République en dehors du cadre électoral, Tshisekedi, a violé la constitution, ont martelé les cadres de la majorité. Pour eux, Tshisekedi n’a jamais voulu des élections, il cherche des échappatoires pour ne pas y participer. Un autre cadre de la majorité a soutenu que le leader de l’UDPS a sérieusement menacé la cohésion nationale en demandant à ses partisans de rendre coups pour coups, lorsqu’ils sont pris à partie par les milices de l’UNAFEC, parti dirigé par le président de l’assemblée provinciale du Katanga, Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, qui fait d’ailleurs l’objet d’une attention particulière de la part des ONGs internationales, comme Humans Right Watch. Pour lui, Tshisekedi qui est une grande personnalité du pays doit prêcher la non violence ; comme il a toujours fait et doit - en cas de violences faites à ses militants- ‘en référait à la police nationale. Un autre cadre de la majorité présidentielle, lui, est revenu sur le fait que Tshisekedi, lors de cette interview ait poussé ses partisans, à aller casser la prison pour en libérer les prisonniers politiques. C’est inacceptable en démocratie! S’est exclamé ce ténor de la MP qui a requis l’anonymat. Et de poursuivre qu’un homme de la trempe de Tshisekedi qui a milité pour l’instauration de la démocratie, ne peut pas vouloir une chose et son contraire en demandant comme il a fait de s’attaquer à Ngoy Mulunda Nyanga, le président de la CENI (commission électorale indépendante) car n’ayant pas répondu à ses exigences notamment celles d’auditer le fichier électoral. Quoi qu’on dise, cette sortie médiatique traduit l’exaspération de Tshisekedi face aux violences électorales du fait des institutions de l’Etat, Tshisekedi au delà de sa stature d’homme d’Etat mythique est aussi humain. D’ailleurs les cadres de l’UDPS indiquent que le message de leur président a été sorti de son contexte. Ce message s’inscrivait dans un cadre purement partisan où Tshisekedi galvanisait ses troupes qui s’impatientent de le voir bloqué en Afrique du Sud. Pour les autres proches du sphinx de Limete, loin de s’excuser, soutiennent que leur leader a eu raison de tenir ces genres des propos pour mettre fin aux violences orchestrées par le pouvoir que subissent ses partisans, particulièrement au Katanga où ses militants sont aux prises avec les milices de l’UNAFEC de Kyungu Wa Kumwanza, sous l’oeil complice des autorités politico-administratives.

Pour ces inconditionnels de Tshisekedi, ils s’étonnent de la promptitude avec laquelle les autorités nationales ont réagi aux propos de Tshisekedi alors qu’elles sont étrangement muettes quand Kyungu terrorise de paisibles citoyens au Katanga au motif qu’ils sont des non originaires. Les violences dont font l’objet les partisans de l’opposition à Mbuji Mayi et à Kinshasa avec l’interpellation de Martin Fayulu, un proche lieutenant de Tshisekedi, ainsi que l’emprisonnement des militants de l’UDPS ; justifient à leurs yeux les propos de leur leader. Ils invoquent la théorie du contre feu que les sapeurs pompiers utilisent pour mettre fin aux incendies. L’UDPS a encaissé trop de coups de la part de ses adversaires sans réagir, jusqu’au sacrifice suprême. Il est temps de dire à l’autre camp stop, car la rue est avec nous, estiment ces Tshisekedistes pur sucre. Les Tshisekedistes, droit dans leurs bottes, soutiennent que le pouvoir ne comprend que le langage de la force et qu’il faut lui opposer aussi la force. Le fait que l’UDPS soit un parti non violent ne signifie pas que les autres ont le droit de nous marcher dessus sans s’attendre à une réaction de notre part, ont dit ses proches d’ Etienne Tshisekedi. En fin, les tshisekedistes qui disent avoir déclenché une guerre psychologique, clament qu’elle a donné des résultats car le pouvoir en place est en alerte totale multipliant des réunions de sécurité pour parer à toute éventualité. Ce qui va les empêcher de nous provoquer comme ils n’ont cessé de le faire jusqu’ici, ont-ils conclu. En tout cas l’UDPS à travers la sortie musclée de son leader vient d’envoyer un signal fort au pouvoir et à la population. Au pouvoir j’ai la rue avec moi, à la population, prenez-vous en charge comme une sorte de mobilisation avant les échéances électorales de novembre prochain. Rendez vous est pris pour le 11 novembre où Tshisekedi compte mobiliser, ses troupes dans un grand meeting au stade de martyrs.
                                                                                                                    Adolphe Muyambu

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article