Campagne électorale présidentielle : Kabila lance la guerre des bilans

Publié le par jpkasusula



Le Chef de l’Etat, a présenté hier mercredi 14 septembre 2011 dans sa ferme de Kingankati, dans la banlieue de Kinshasa, le discours-bilan de ses 5 ans de mandant devant de hauts cadres de la Majorité Présidentielle (MP), auxquels se sont jointé plusieurs centaines de militants. Candidat à sa propre succession, l’illustre orateur adressé un bilan qu’il a estimé largement positif sur tous les plans  politique, sécuritaire, économique et social.
Le Président de la République s’est félicité d’avoir tenu ses promesses de 2006, notamment au sujet de la réunification territoriale, du retour de la paix, de l’amélioration du social, de la réforme de l’armée, de la police et des services de sécurité, de l’exécution du programme des 5 chantiers de la République (Emploi, Infrastructures, Santé, Education, Eau et Electricité), de la redynamisation de la diplomatie, etc.

«En cinq ans, nous avons fait avancer ensemble  le Congo », a-t-il constaté. Demandeur de .suffrages des électeurs Joseph Kabila a pronostiqué sa victoire électorale le 28 novembre2011, au regard de ce bilan flatteur. Esquissant les perspectives d’avenir, il a promis de se focaliser sur la moralisation de la jeunesse, la lutte contre la pauvreté, la réforme du système éducatif, la création d’une banque de l’habitat, une meilleure desserte nationale en eau potable et électricité. Après l’atteinte du Point d’Achèvement de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés ayant consacré l’annulation de près de 13 milliards de dollars de dette extérieure de notre pays, Joseph Kabila vient de prendre l’engagement de faire de la République Démocratique du Congo, à court et moyen terme, un « pays émergent », notamment par l’industrialisation des secteurs agricole, minier et pétrolier.
Dans la foulée, l’homme de Kingankati a exigé, haut et fort, que chaque candidat à la présidentielle ait le courage et l’honnêteté de présenter le bilan de ses actions en faveur du Congo et du peuple Congolais. Joseph Kabila a instamment recommandé aux populations de chercher à savoir qui a fait quoi pour le pays afin de se prononcer en connaissance de cause au niveau des urnes.

Un piège mortel pour les transfuges de la Majorité
Comme par hasard, la sortie politique de Joseph Kabila, qui a épousé le décor d’un début de campagne, est intervenue 48 heures après celle d’Antipas Mbusa Nyamwisi, membre de la Majorité Présidentielle et ministre honoraire de la Décentralisation. Le discours-bilan décliné par le Président de la République est apparu, aux yeux de beaucoup, comme une réplique directe aux flèches empoisonnées décochées en sa direction par cet ancien membre du gouvernement, qui a qualifié son bilan de négatif sur toute la ligne.
Selon Antipas Mbusa en effet, le mandat de Joseph Kabila a été une vaste escroquerie pendant cinq ans. Il s’est même permis de considérer les5 chantiers de la République comme la plus vaste entreprise de prédation jamais connue par notre pays. Selon cet ancien dignitaire de la famille politique du Chef de l’Etat, il a décidé de se porter candidat à la magistrature du pays pour offrir aux Congolais un Congo nouveau.
Le bilan de Kabila est aussi perçu comme une réponse à d’autres dissidents de la Majorité Présidentielle, à savoir Vital Kamerhe et Nzanga Mobutu, mais aussi une interpellation à l’endroit de Léon Kengo. On note que ces trois candidats présidentiables ont choisi, à l’image de Mbusa, de justifier leur présence dans la course présidentielle par le constat d’échec du Régime Kabila et leur volonté de gérer autrement le pays.
Tel que Kabila vient de ficeler son système de défense, il va être difficile à Kamerhe, Nzanga, Mbusa et Kengo, de se déclarer non concernés par son bilan, s’il est réellement négatif. Pour avoir passé tranquillement 4 ou 5 ans à ses côtés, et avoir partagé avec lui le lait et le miel; sans se poser des questions sur la misère des Congolais, ils sont sans excuse. Ils ne peuvent pas à la fois diaboliser un système qu’ils ont servi et consolidé de 2006 à 2011 et se mettre à le renier dans le dessein d’escroquer de nouveau les Congolais.
V Kabila est tout tranquille de s’assumer en tant que chef d’orchestre de la Majorité Présidentielle. Quant à ceux qui n’ont pas le courage d’assumer leur passé dans les institutions de la République, le retour de la manivelle risque d’être terrible.
Pour ce qui est d’autres candidats présidentiables, dont Etienne Tshisekedi, Oscar Kashala, Adam Bombole, Kakese, Mukendi et Théodore Ngoy, le peuple congolais va être l’arbitre impartial dans le jugement de leurs actions positives ou négatives au profit de la patrie, chacun selon son parcours et son époque.
                                                                                                               Kimp

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