Assassinats à l'Est, vols, viols : Monusco … réveillez-vous !

Publié le par jpkasusula

La protection des civils, un des pans du travail de la Monusco (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo), présente actuellement autant de faiblesses qu'à l'époque de la très critiquée mais incontournables Monuc (Mission des Nations Unies au Congo). Qu'on les aime ou pas, les « Casques Bleus » sont indispensables, pour ne pas dire un mal nécessaire pour un Congo dont l'armée et la police sont encore en pleine « reconstruction ».

Le déficit de défense nationale et de sécurisation des personnes et de leurs biens est fort remarquable au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et au Maniema. Dans plusieurs localités de ces trois provinces en effet, un des temps forts de l'insécurité est à chercher dans les viols à répétition des femmes et des filles par des inciviques porteurs d'armes de guerre. La peur a tellement gagné les Congolaises de tous les âges à Beni, Butembo, Kasindi, Lubero, Rutshuru, Shabunda, Uvira, Fizi, Minembwe … que beaucoup n'osent plus se rendre aux champs, aller chercher l'eau à la rivière ou la source, sortir pour vendre dans les marchés conventionnels de la brousse, etc.

Face à la vague des violences sexuelles qui déferle sur l'Est du pays, des voix s'élèvent aussi bien des rangs des organisations de la Société Civile que du commun des mortels pour interpeller la Monusco sur l'impératif de réagir face à l'impuissance des structures internes officielles chargées de la protection des populations civiles. Dans le cas où aucun dispositif sécuritaire spécial ne serait en chantier 1 il est vivement recommandé aux Nations Unies, de réfléchir à la mise en place d'un programme spécial de sécurisation des femmes et des filles contre les forces négatives qui continuent de considérer le viol comme un acte d'intimidation et de domination des autochtones.

La Monusco est spécialement interpellée car les victimes connues des viols comme telles en instance de tomber entre les mains des violeurs patentés que sont les éléments incontrôlés en armes la perçoivent comme leur dernière planche de salut dans des coins reculés du pays où l'armée et la police nationales sont pointées tantôt absentes, tantôt insuffisamment dotées pour riposter aux attaques de ces inciviques. Tout le mondé compte sur les effectifs et la logistique des « Casques bleus » pour prévenir et décourager les actes de viol.

Certes, les violences sexuelles sont répertoriées, dans l'arsenal juridique congolais et international comme des crimes contre l'humanité mai. En raison de l'impunité de leurs auteurs à l'Est du pays, cette anti-valeur voit s'allonger chaque jour la liste de ses adeptes. La lutte contre les violences sexuelles se présente comme un autre défi de la Monusco dans la sécurisation du processus électoral.

En cette période pré-électorale, politiquement et sécuritairement ultra-sensible, l'on peut se réjouir du renouvellement du mandat de Ban ki-Moon, Secrétaire Général sortant des Nations Unies, Il est permis en effet de fonder beaucoup d'espoirs sur cet homme qui a eu à présenter plusieurs rapports au Conseil de Sécurité sur le Congo.

Ban Ki-Moon est donc bien placé pour trouver la parade aux discours d'exclusion, de haine ethnique et tribale, d'intolérance politique relancés par des pyromanes bien connus. Face à ce type d'alertes, son éventuel attentisme pourrait réduire à néant tout lé travail abattu par la Monuc puis la Monusco en RDC, dans le secteur de la sécurité, depuis 1999.

                                                                                                                         Kimp

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