A TRAVERS UN DISCOURS SEPARATISTE - Kyungu wa Kumwanza menace la cohésion nationale

Publié le par jpkasusula



Bombant le torse au cours d’une émission télévisée sur la chaîne de télévision Télé 50, Gaby reprend son discours haineux en menaçant quasiment le reste de la République au cas où il n’obtenait pas le fédéralisme. La RD-Congo avait connu, quelques semaines seulement après son accession à la souveraineté nationale et internationalise en 1960, une sécession notamment de la province du Katanga dirigée par alors par Moise Tshombe.
La sécession avait coûté très cher à la République. Des vies humaines et des dégâts matériels évalués à plusieurs millions de dollars américains à l’époque. Des populations entières originaires d’autres provinces que le Katanga avaient été obligés de rentrer dans leurs provinces d’origine, fuyant les atrocités en tous genres et discours de haine et séparatistes développés par les milices à la solde de Moise Tshombe. Dans les années 1992, soit 30 ans après, les mêmes discours séparatistes reprendront avec, cette fois là, Gabriel Kyungu wa Kumwanza comme gouverneur de province. Des populations entières essentiellement originaires des deux Kasaï seront contraintes de quitter manu militari les villes de Kolwezi, Likasi, Kamina pour ne citer que ces agglomérations là. Des morts, des blessés et des traumatisés seront comptés par centaines de milliers.
Une fracture nationale était quasiment née à la suite de ces atrocités. Kyungu wa Kumwanza sera obligé de s’expliquer, sans du tout convaincre, les participants à la Consultation nationale de la Cathédrale du Centenaire Protestant en 2001. Pendant que les RD-congolais n’ont pas totalement oublié les atrocités consécutives à ces violations des droits humains de 1992 au Katanga, voilà que le même Kyungu revient à la charge.

Bombant le torse au cours d’une émission télévisée sur la chaîne de télévision Télé 50 de Jean Marie Kassamba, Gabriel Kyungu reprend son discours séparatiste en menaçant quasiment le reste de la République au cas où il n’obtenait pas le fédéralisme qui lui est cher à lui et à certains de ses frères de province. «Ne nous obligez pas à recourir au retrait du Katanga du reste du pays», dira-t-il en substance. Son modèle, c’est le Sud Soudan qui vient d’obtenir son autodétermination, oubliant toutes les atrocités et douleurs d’enfantement –mort d’hommes, infrastructures détruites, familles brutalement séparées, menaces de destructions de quelques rares entreprises - que la séparation entre le Nord et le Sud Soudan a occasionné. La dernière gaffe de Kyungu wa Kumwanza ne s’arrête pas à son intervention sur Télé 50. Loin s’en faut. En tournée de sensibilisation sur l’inscription des populations au fichier électoral dans le district du Lomami, au Nord Katanga, il ne s’est pas empêché de proférer des menaces, à peine voilées consistant à «ramener dans leurs provinces d’origine tous ceux qui n‘auront pas voté, lors de l’élection présidentielle de novembre 2011, pour son candidat» qui n’est autre que Joseph Kabila, l’actuel président de la République. Si l’on peut concéder à Kyungu va Kumwanza le choix du fédéralisme comme idée-force soutenant les idéologies et doctrines de son parti Unafec, son discours à connotation séparatiste n’est cependant pas tolérable. Les comportements et discours séparatistes mettent à mal la cohésion nationale chèrement acquise dans notre pays. Ils risquent de faire fuir, comme cela avait été le cas en 1992 au Katanga, les intelligences dont la province chère à Kyungu a tant besoin pour son développement. Qu’on les aime ou pas, les ingénieurs, ouvriers, maçons, infirmiers d’origine kasaienne, kivutienne, équatorienne
et autres compatriotes ont participé, d’une manière ou d’une autre, à la mise en oeuvre et au développement des entreprises comme l’Union , minière du Haut Katanga –UMHK- aujourd’hui Gécamines, la KDL-Kinshasa, Dilolo, Lubumbashi, l’ancêtre de la SNCC et d’autres entreprises et services publiques.
Le discours séparatiste va à l’encontre des textes légaux et règlementaires de notre pays qui prônent le respect de l’unité nationale. Pourquoi donc les politiques RD-Congolais sont-ils les premiers à violer les textes qu’ils élaborent eux-mêmes? La Majorité présidentielle, la famille politique à laquelle appartient Kyungu wa Kumwanza, n risque-t-elle pas de payer cher, lors des élections prochaines, le mécontentement créé dans le chef des électeurs ressortissants d’autres provinces vivant au Katanga par des propos tribalistes et “régionalistes? N’est-il pas temps pour la Majorité de rappeler Kyungu wa Kumwanza à l’ordre? Pour les intérêts de la famille politique. Mais aussi et surtout pour l’intérêt supérieur de la nation dont le chef de l’Etat est le garant de l’unité inscrite dans la Constitution.
                                                                                         Benjamin YOGOLELO

Publié dans Politique

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