A quatre mois du jour «J» des élections 2011 / CENI : les 3 défis à relever

Publié le par jpkasusula

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 (Le Potentiel 20/07/2011)

Le compte à rebours a effectivement commencé. Le processus électoral vient d’emprunter la dernière ligne droite à partir d’aujourd’hui. Plus que quatre mois et huit jours pour que les élections 2011 aient lieu. D’ici là, il revient à la CENI de relever trois grands défis. Lesquels ?...

Le processus électoral poursuit son cours normal. La fin de la période de la révision du Fichier électoral est déjà intervenue dimanche denier et 31 millions d’électeurs ont été enrôlés. Motivé, le gouvernement a réagi positivement en allouant à la CENI 30 millions USD.

Mais à dater de ce mercredi, il ne restera plus que quatre mois et huit jours pour qu‘intervienne le jour « J », jour qui permettra aux Congolais de se rendre, une seconde fois et de façon démocratique, aux urnes. En ce moment crucial, la CENI a l’obligation morale et politique de relever « trois défis » si elle veut amener le processus électoral à terme et à bon port. C’est le passage obligé pour réussir les prochaines élections.

A– La transparence. Après l’opération de révision du fichier électoral de 2006 ayant conduit à l’enrôlement des électeurs, la CENI ne devrait pas dormir sur ses lauriers et s’octroyer un satisfecit. Au contraire, elle doit procéder au « nettoyage du fichier électoral » afin de le vider de toutes les irrégularités éventuelles. Cette opération est d’une importance capitale dans la mesure où elle permet d’identifier les électeurs régulièrement inscrits et de rassurer tous les partenaires au processus électoral, notamment les protagonistes. C’est une exigence de la transparence.

Faut-il rappeler que c’est sur ce point précis que l’ UDPS a remis un mémorandum à la CENI pour dénoncer les irrégularités liées à l’enrôlement des mineurs, des militaires et des policiers.

Venant à la suite de l’UDPS, le MSR a, le week-end passé, saisi l’opportunité de l’annonce la tenue de son congrès (du 25 au 28 juillet 2011) pour mettre en garde toutes les parties sur une probable cabale, une éventuelle tricherie et une possible manipulation dans le but de dénaturer et de fausser le scrutin en vue de conquérir le pouvoir.

Ce qui s’est passé ailleurs sur le continent devrait nous inspirer et nous édifier sur cet aspect du problème. C’est autour du fichier électoral qu’en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara ont déterré la hache de la guerre civile, comme s’ils envisageaient un suicide collectif du peuple ivoirien. On ne copie pas les erreurs ni les mauvais exemples. B.- La crédibilité. La transparence va de pair avec la crédibilité. Jamais l’une sans l’autre. Cette exigence repose sur un dialogue permanent entre la CENI et tous les protagonistes qui doivent être traités sur un pied d’égalité. Cette disposition vise à écarter toute suspicion et frustration. Concernant le budget des élections, les donateurs devraient être rassurés par la présentation claire de la situation financière. Ce qui permettrait à ces derniers de voir dans quelle mesure poursuivre leur appui financier à la CENI. De manière à assurer totalement son indépendance. Allusion faite à l’intervention particulièrement du gouvernement avant de se tourner vers les partenaires extérieurs.

Par ailleurs, la CENI étant en elle-même un cadre de concertation, elle doit susciter un climat de confiance jusqu’ au bout en vue de réduire, autant que possible, les protestations ou les réclamations, c’est selon, dans la perspective d’un scrutin fiable.

L’expérience politique en Afrique a démontré que les perdants ont toujours du mal à reconnaître ou accepter leur défaite. Ils s’empressent le plus souvent à rejeter le verdict. Les élections n’étant pas une fin en soi, comme le soulignent le plus souvent les sages, le seul moyen de contourner cette éventualité est d’instaurer le climat de confiance au travers un dialogue permanent et véridique. C.- La gestion du temps. Défi fondamental, le temps ne joue plus en faveur ni de la CENI ni des protagonistes. Outre le fichier électoral définitif à présenter, il y a les annexes à la Loi électorale qui doivent être mises à la disposition du pouvoir organisateur des scrutins. Celui-ci doit, sans tarder, préciser la période de dépôt de candidature, et le délai raisonnable de la campagne électorale. Cette dernière implique la publication de la liste définitive des candidats retenus et celle des listes électorales, la fabrication des urnes, des bulletins de vote ; la production des affiches tant par la CENI que les protagonistes, et enfin le délai de recours avant la promulgation des résultats définitifs.

C’est en fait, une feuille de route définitive que la CENI devra publier à temps. Or, elle n’a plus que 4 mois et 8 jours. C’est donc une course contre la montre très risquée si l’on n’arrive pas à bien gérer le temps. Auquel cas, toutes les prévisions seraient dépassées, certaines étapes essentielles escamotées. De même, des irrégularités pourraient passer inaperçues et favoriser in fine la fraude. Déduction : la période post-électorale risque d’être trop mouvementée avec des dérapages significatifs aux conséquences imprévisibles et incalculables.

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