A propos des taxis-motos - André Kimbuta, gestion laxiste de la ville

Publié le par jpkasusula

On ne le dira jamais assez, la ville de Kinshasa souffre d’un déficit chronique de management qui donne parfois l’impression que la capitale kinoise est livrée à elle-même. La preuve vient d’en être donnée, une fois de plus, avec les conducteurs des taxis-motos. En effet, annoncée avec pompe à travers les médias, l’ultimatum accordé par le gouvernement provincial de Kinshasa aux conducteurs des taxis-motos de ne plus rouler dans les grandes artères de la Ville-province est resté lettre morte, deux semaines après la date butoir du 10 juillet 2011.

 Alors que tout le monde avait applaudit cette décision, considérée comme l’un des moyens de lutter contre les accidents de circulation dans la ville de Kinshasa, le numéro un de l’exécutif provincial est resté étonnement silencieux. Les motos continuent à circuler dans les grandes artères de la capitale comme si de rien n’était. Semant la pagaille dans la ville alors qu’ils ne devaient désormais rouler que dans la périphérie, les taxi-motos ont encore une longue vie à Kinshasa.

 Les Kinois ne savent plus où donner de la tête dans une ville où tout va mal et où le gouv, comme il affectionne qu’on l’appelle, joue aux abonnés absents laissant ses administrés dans le plus grand désarroi. L’affaire des taxi-motos ne saurait étonner les observateurs avertis de la vie Kinoise dans la mesure où ce n’est pas la première fois que la ville assiste aux effets d’annonce sans lendemains mais aux conséquences notoires, si l’on se limite seulement dans le secteur des transports. Il y a eu avant l’affaire de changement des couleurs des taxis et taxi-bus. Mesure autrefois saluée par les Kinois qui y ont vu un moyen de mettre de l’ordre dans ce secteur et d’imprimer un cachet à la ville. Plusieurs années après, et pendant que l’homme a empoché au passage plusieurs milliers des dollars de la part des automobilistes qui avait respecté cette décision, la ville de Kinshasa n’a pas réussi à uniformiser la couleur de ses taxis et taxi-bus. Le gouverneur Kimbuta, qui en avait fait l’un de ses points d’honneur, est resté étonnement muet.

 La leçon à tirer est qu’André Kimbuta a installé un mode de gestion de la ville qui ne tient compte que de ses intérêts au lieu de se soucier de ceux de ses administrés. Le chef de l’exécutif provincial succombe, en effet, facilement aux pressions des lobbys des milieux d’affaires ou des certains milieux professionnels qui eux sont motivés par des considérations lucratives très opposées au souci de la gestion efficace d’une mégalopole comme Kinshasa. Il est grand temps que les habitudes changent à Kinshasa, surtout au sein de l’exécutif provincial, sinon la capitale congolaise sera toujours exposée à des catastrophes du genre choléra qui la frappe aujourd’hui. Kimbuta doit apprendre à faire le suivi de ses décisions.

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