25 juillet : une rencontre de tous les dangers

Publié le par jpkasusula

L’opération de révision du fichier électoral est bel et bien terminée sur l’ensemble du territoire national. Les statistiques des enrôlés constituent ni plus ni moins un motif de satisfaction de la Commission Electorale Nationale Indépendante. Mais, ce n’est pas pour autant que le Bureau de cette institution dorme sur ses lauriers. Maintenant, le plus dur du travail commence pour lui : le toilettage de ce fichier, c’est-à-dire extraire toutes les « impuretés » éventuelles qui s’y sont incrustées.

Mais, en dépit de tout cela, il y a des partis politiques qui restent très sceptiques et continuent à parler d’élections en termes hypothétiques au motif que la paix n’est pas garantie dans plusieurs coins du pays, singulièrement à l’Est de la République pour qu’il y ait des élections dans ces coins. Ils continuent à fonder leur foi sur une transition qui serait gérée par un gouvernement provisoire. Pour le pasteur Ngoy Mulunda, ce sont les aboiements du chien qui n’empêchent nullement la caravane de passer. « Ne rêvons pas. Les élections auront bel et bien lieu. Les partis politiques ne doivent pas être distraits », dit-il souvent à qui veut l’entendre.

Le président de la CENI vient d’initier une très importante rencontre le lundi 25 juillet prochain entre son institution et les partis politiques. Son but sera de confectionner avec leur concours un code de bonne conduite, c’est-à-dire un « modus vivendi » que les uns et les autres devraient respecter avant, pendant et après les élections. La rencontre est tellement importante voire capitale qu’il a été demandé aux différents partis de se faire représenter valablement par deux hauts responsables (et non des sous-fifres), de préférence un homme et une femme. Respect de la parité oblige. Les débats seront certainement houleux dans la mesure où ces partis ne sont pas des enfants de chœur qui iront écouter le pasteur dans sa chaire de vérité. Mais, nous craignons que cette rencontre se termine par une queue de poisson dans la mesure où certains partis restent et resteront campés sur leurs positions rigides et figées qui ne tolèrent aucune concession.

Notre crainte est basée sur certains faits précis. Par exemple, pas plus tard qu’avant-hier, nous avons suivi sur une chaîne de télévision de la place une émission politique. Un représentant d’un parti politique avait osé « contester » la composition du bureau de la CENI. Et pourtant, c’est une vieille question qui avait fait couler beaucoup d’encre et de salive mais avait été réglée en son temps. En la remettant sur la table, que veut ce parti politique ? Autre fait qui nous intrigue. C’est le langage de certains partis politiques qui traduit le manque d’élégance politique. Ce langage veut que le vainqueur ne peut être que leur chef qui sera élu démocratiquement. Si c’est le contraire, c’est que les élections ne seront pas démocratiques, ni libres encore moins transparentes. On va même loin en déclarant urbi et orbi que « l’hypothèse de la réélection de Joseph Kabila est impossible » dans la mesure où le président de la République, selon eux, sera battu dans dix des onze provinces que compte le pays.

On est en tout cas loin de la logique d’accepter les résultats tels qu’ils sortiront des urnes. En d’autres termes, c’est le décor de la contestation qui est tout planté. L’opinion est préparée à cette situation que personne ne veut car il sera source de beaucoup de problèmes de tous ordres. Les élections ressemblent à une compétition sportive. On peut la gagner comme on peut la perdre. Ceux qui y sont engagés doivent avoir le fair-play. Le fair-play n’est rien d’autre que l’esprit sportif, c’est-à-dire s’accommoder à tout résultat qui s’ensuivra. Lorsqu’on perd, on doit avoir le courage et l’honnêteté de féliciter son adversaire et de dire à ses militants ou combattants qu’il faut attendre la prochaine manche. Lorsqu’on gagne, on doit gagner dans la dignité sans traumatiser les vaincus. Toutes ces notions sont apparemment absentes dans le chef de la classe politique congolaise. Nous pensons qu’à l’issue de la rencontre de ce lundi 25 juillet 2011, tous les partis politiques, de la majorité comme de l’opposition, auront compris que la perte des élections ne sera pas la fin du monde.

D.L.

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